Bruxelles confirme sur la géothermie mais ne dévoile pas son plan

Source : Eavor

La publication ce vendredi 17 juillet du plan d’électrification européen a été également l’occasion pour le secteur de la géothermie de voir son intérêt confirmé par Bruxelles. Energie locale et pilotable, capable de produire de l’électricité, de la chaleur et du froid à partir de technologies maîtrisées par des européens, la géothermie coche beaucoup de cases de la stratégie du continent pour s’émanciper des énergies fossiles. Mais son plan de croissance se fait attendre.

Couvrir 25% de la consommation de chaud/froid

De l’aveu même de la Commission européenne, la géothermie “reste une ressource sous-exploitée pour la production d’électricité renouvelable à haut rendement et une solution de chauffage et de refroidissement permettant de réduire les coûts de réseau”. Bruxelles reprend ainsi une récente estimation de la société Ember qui évalue à 43 GW la capacité géothermique qui pourrait être développée dans l’UE à des coûts inférieurs à 100 €/MWh. La Commission estime que cette énergie “pourrait couvrir de manière rentable au moins 10% des besoins en électricité de l’Europe et 25% de sa demande en chauffage et en refroidissement, si un cadre favorable était mis en place”. Elle souhaite notamment encourager l’installation des pompes à chaleur géothermiques en lieu et place des chaudières à gaz. 

Dérisquer les projets

Pour les projets de plus grande envergure, l’une des actions du plan d’électrification prévoit la mise en place “d’ici le premier trimestre 2027”, d’un partenariat des parties prenantes du secteur géothermique afin de contribuer à lever les obstacles réglementaires, techniques et liés à l’investissement, et d’accélérer le déploiement de l’énergie géothermique. “Ce partenariat réunira des professionnels qualifiés issus des États membres et du secteur afin d’échanger les meilleures pratiques en matière de collecte de données, notamment en matière d’octroi de permis, une étape qui s’avère souvent très chronophage”, se réjouit Philippe Dumas, secrétaire général du Conseil européen de l’énergie géothermique (EGEC, en initiales anglaises). 

Ce dernier regrette néanmoins que le plan dédié au secteur n’ait pas été publié aujourd’hui comme il l’espérait, en complémentarité avec le plan d’électrification. Des mesures importantes devraient y figurer pour dérisquer les projets, en particulier des financements pour les puits exploratoires ou encore la généralisation d’un système d’assurance-risques pour mutualiser les risques en particulier sur les phases amont des projets. Il s’attend désormais à ce que le plan soit publié dans le cadre du mécanisme de marché de la chaleur propre (Clean heat market mechanism) confirmé par la Commission aujourd’hui et remis à l’ordre du jour de son agenda, mais sans date précise. “C’est une bonne nouvelle même si le secteur a besoin de davantage de certitudes pour accélérer”, estime Philippe Dumas.

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