Avec la récente arrivée d’Olivier Guerrini en tant que directeur d’investissement, Vauban Infrastructure Partners cherche à se renforcer dans la transition énergétique. L’ancien de TotalEnergies et d’Engie, recruté au sein des rangs parisiens de cette société de gestion aux 10 Mds€ d’encours, « nous apporte une brique fantastique, grâce à son expérience dans le développement et dans le montage de modèles économiques dans les batteries, le biogaz et autres domaines dans l’énergie », se félicite Mounir Corm, cofondateur et directeur général adjoint de Vauban Infrastructure Partners.

Cap sur la construction
La société de gestion spécialisée dans les infrastructures – fondée en 2005 par Gwenola Chambon et Mounir Corm et basée entre Paris et Münich – est déjà présente dans la transition énergétique à travers ses traditionnels fonds core infras*, affichant quelques investissements emblématiques tels ceux dans l’opérateur de réseaux de chaleur Coriance racheté en 2023, les compteurs intelligents de Proxiserve ou la gestion du recyclage avec Paprec. C’était cependant « avec un angle qui consistait à racheter des actifs opérationnels pour les améliorer, créer de la valeur et contribuer à la décarbonation en Europe », explique Mounir Corm. Désormais, le cap est de « construire et décarboner l’infrastructure de demain. Cela rejoint notre ADN premier car, avant de faire de l’infra core brownfield**, nous faisions du greenfield, axé sur les transports et les partenariats public-privé notamment ».
La raison de cette réorientation ? « Aujourd’hui, en Europe, on ne peut plus vouloir construire d’infrastructure, sans les penser dans un contexte de transition. Cela répond à tous les grands enjeux des politiques publiques européennes : la souveraineté et la compétitivité sont intrinsèquement liés à la capacité de ‘transitionner’ l’énergie du continent », analyse-t-il. En effet, « nos partenaires industriels auprès de qui nous achetons des actifs existants nous sollicitent de plus en plus ces dernières années pour financer des capex. C’est vrai tant pour les énergéticiens, les grandes entreprises de télécommunications que d’autres industriels ».
De l’électrification à la chaleur
Ainsi, à l’avenir, Vauban se penchera sur la construction des actifs dans « tout secteur », ou presque, de la transition énergétique, hormis « ce qui n’est pas technologiquement mature », poursuit Mounir Corm : les réseaux électriques, le stockage, l’électrification du rail, l’efficacité énergétique dans l’industrie, la décarbonation des data centers, de même que la chaleur décarbonée. La production d’électricité renouvelable intéresse moins : « c’est dans notre univers, mais ce n’est pas le cœur de nos investissements ». En cause, « le couple rendement-risque de ces investissements que nous ne trouvons pas équilibré structurellement », le risque politique ainsi que l’état « compliqué » de certains marchés tels que l’Espagne. A l’inverse, l’Allemagne et l’Autriche sont encore jugés comme prometteurs, explique le dirigeant.
Autant d’indications qui devraient guider les futurs investissements de Vauban dans la transition énergétique. Selon des informations dévoilées récemment par un média anglo-saxon, la société de gestion a lancé le 3e millésime de son fonds flagship, Vatif III, d’une taille cible de 1 Md€. De source proche du dossier, ce véhicule aurait à ce stade récolté 30% de sa taille cible et s’apprêterait à faire ses premiers investissements au cours du premier semestre de cette année.
Vauban compte une quarantaine de collaborateurs. Son management est en passe de prendre le contrôle à 51%, Natixis réduisant sa participation en-dessous de 25% ; un nouvel investisseur, Investcorp Strategic Capital Group, fait son entrée au capital.
* Infrastructure core : des actifs essentiels à la vie quotidienne, matures et opérationnels
** Brownfield vs greenfield : les premiers sont des investissements impliquant le réaménagement ou l’expansion des infrastructures existantes, les seconds concernent le développement de nouveaux projets

