La grand-messe des énergies renouvelables a tenu toutes ses promesses les 10 et 11 décembre. Avec plus de 560 exposants, 22 500 participants, 120 conférences et pitchs annoncés par les organisateurs, l’édition 2025 illustre sa montée en puissance. L’affluence désormais internationale est l’une des réussites du forum, qui réunit toute la chaîne de valeur de la filière, de la production aux multiples applications dans les secteurs clés comme le bâtiment, l’agriculture, l’industrie ou encore la mobilité.
« Energaïa, ce grand rendez-vous annuel dédié aux EnR, est le seul de cette dimension en France », a rappelé Carole Delga, présidente de la région Occitanie, en ouverture de l’événement. Un salon placé cette année sous le signe de l’innovation, des implications de la maturité du secteur, de projets adaptés aux besoins des territoires et… aux réalités économiques hexagonales dans un contexte d’incertitude politique et réglementaire.


L’Occitanie toujours pionnière
La région reste aux avant-postes de la transition énergétique, avec nombre de nouveaux projets annoncés lors du salon pour son territoire dont la consommation énergétique est déjà la plus décarbonée de France. A noter, deux conventions de partenariat pour des réseaux de chaleur et de froid, dont une sur la future zone d’activité commerciale « Magna Porta » près de Nîmes, entre la région et NGE. Preuve que le secteur intéresse, le prix dans la catégorie Déployabilité, récompensant un projet « offrant une mise en œuvre facile et rapide », a été remis à Celsius Energy pour sa technologie de chauffage et de climatisation par sonde géothermique, réduisant l’emprise au sol par rapport à une installation plus classique du genre.
Face aux bouleversements réglementaires et politiques dans le secteur solaire et éolien, l’autoconsommation individuelle ou collective apparaît plus que jamais incontournable au regard de la réduction des débouchés pour les développeurs et exploitants. A EnerGaïa, une dizaine de conférences sur les 120 répertoriés étaient directement consacrés à ces thématiques.
Pas d’autoconsommation sans stockage ni pilotage
Les halls du Parc des Expositions de Montpellier ont vu logiquement se multiplier les mises en avant de systèmes de gestion intelligente de la production et de la consommation d’électricité, indispensables à l’autoconsommation, comme le boîtier pour les particuliers de l’américain Enphase. De son côté, Ecojoko est venu présenter son boîtier spécifiquement prévu pour le pilotage des chauffe-eaux. « Avec la baisse du tarif de rachat, l’autoconsommation devient le cœur de la rentabilité solaire. Notre rôle est de la rendre simple, automatique et accessible », souligne Laurent Bernard, PDG et co-fondateur d’Ecojoko.
Qui dit autoconsommation, dit batterie, et pour tout le monde. Le fabricant d’onduleurs israélo-américain SolarEdge commercialise désormais des batteries, assorties d’un système de management, tout comme son concurrent autrichien Fronius, tous deux associés à une nouvelle initiative européenne contre la déferlante d’onduleurs chinois. Le stand de ce dernier jouxtait celui de la filiale française du distributeur allemand Krannich Solar, dont les ventes de batteries ont augmenté, lui-même voisin du français Zilo Energie, loueur d’installations solaires en pleine croissance. La start-up a présenté lors du salon sa nouvelle offre d’abonnement avec pilotage de la performance, associant au solaire un système de batterie.
Revoir les modèles économiques
Cependant, la ruée vers l’autoconsommation ne suffira pas à contrebalancer les difficultés des entreprises spécialisées dans les toitures solaires de moins de 500 kW, bousculées par la baisse et la suppression des tarifs garantis de vente de l’électricité produite. Raison pour laquelle, très certainement, Bohr Energie a fait salle comble pour son intervention consacrée aux « nouvelles rémunérations des producteurs d’électricité ». L’agrégateur aux 570 MW sous gestion répartis entre 55 producteurs propose un arsenal de solutions « transparentes » dont la vente sur le marché avec éventuel bonus infra-journalier, le mécanisme d’ajustement, les services auxiliaires au réseau, et d’autres, comme l’autoconsommation collective. Un secteur d’avenir, que certains approchent toutefois avec précaution. BayWa r.e., filiale française du grand développeur allemand, confie par exemple s’en tenir loin pour le moment, en raison des difficultés de mise en œuvre. Autre moyen de rémunération en crise : les contrats d’achat d’électricité (PPA). Les développeurs peinent à en signer, même à des prix raisonnablement attractifs à moins de 60 €/MWh. La faute aux prix qui se maintiennent bas sur le marché de gros de l’électricité.
Pour en savoir plus :
Les développeurs
- Terr.a et Ether Energy démarrent un nouveau chapitre en fusionnant
- BayWa r.e. signe une « très bonne année » de vente de projets
L’agrégateur
Les fabricants
- Das Solar à la manœuvre dans le recyclage, en attente sur Photowatt
- Les recycleurs de panneaux solaires et de batteries veulent coopérer au maximum
- SolarEdge se muscle pour le marché de l’autoconsommation C&I


