L’heure de vérité pour le plan de relance européen [Dossier]

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(Crédit : Union européenne)

Montants, secteurs, objectifs… Ce 27 mai, tous les regards seront tournés vers la Commission européenne, qui doit présenter son plan de relance après la crise du Covid-19. En coulisses, le bras de fer est aussi engagé entre Etats-membres pour définir les conditions de solidarité entre les économies. L’heure des arbitrages arrive.

Etre un secteur « vert » ne suffit pas

Les enjeux sont divers, à commencer par le niveau de « verdissement » de la relance. La rénovation énergétique, les énergies renouvelables et l’hydrogène semblent bien placés, d’après les informations qui ont fuité. Mais le débat s’inscrit dans un contexte plus large et sensible. « L’Union européenne est entrée dans le dur des négociations, analyse Shahin Vallée, chercheur au DGAP, un centre de recherche sur les affaires étrangères de l’Allemagne. Le choc économique qui émane de la crise sanitaire va représenter un surplus de dettes de 20 points de PIB européen. Il faut absolument aboutir à la mutualisation, ce qui sera difficile car cela suppose de briser des tabous. » L’Allemagne, qui vient de faire un pas vers plus de solidarité entre Etats à travers la proposition de plan de relance franco-allemand de 500 Mds€, va prendre la présidence de l’Union au 1er juillet et se retrouve au centre des attentions.

Les arbitrages se joueront sur l’articulation entre impératifs économiques et environnementaux. Comme le souligne l’institut Europe – Jacques Delors, par l’intermédiaire de sa directrice générale, Geneviève Pons : « il faut des critères pour choisir des investissements très créateurs d’activité économique et d’emplois, tout en accélérant la transition énergétique ». Mais pour cet institut, il ne suffit pas d’être un secteur « vert ». Par exemple, le lancement de projets éoliens en mer ne générerait pas assez de retombées macro-économiques. L’institut privilégie plutôt la rénovation énergétique, la mobilité (recharge électrique, batteries, vélos…), le soutien aux start-up et PME innovantes (ainsi que l’économie circulaire et le tourisme vert).

Au-delà des secteurs, c’est le niveau d’ambition qui est en jeu. « La relance va nous engager pour la décennie à venir », pointe Neil Makaroff, responsable Europe du Réseau action climat France, qui replace le sujet dans le cadre des discussions sur l’objectif climatique européen pour 2030. « En échange de plus de marge de manœuvre pour que les Etats investissent, il faut orienter le plan vers une baisse de -55% – au moins – des émissions de gaz à effet de serre en 2030 », contre une cible aujourd’hui fixée à -40%.

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