Autoconsommation : ORA Energy se détache des appels d’offres

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(Crédit : ORA Energy)

ORA Energy enchaîne les projets dans l’autoconsommation photovoltaïque. La jeune filiale d’Apex Energies, fondée il y a tout juste trois ans, s’est spécialisée sur le segment BtoB avec des projets aux profils variés, tant en termes de tailles que de sites. Sur l’année 2019, elle a mis en service des centrales en autoconsommation pour une capacité totale de près de 4 MWc. Soit un bond d’environ ...

50%, puisqu’elle revendique un total en service d’un peu moins de 10 MWc à ce jour. Autant de projets qu’elle développe en bonne partie en dehors des appels d’offres nationaux.

Des projets de 200 kWc à 3 MWc

ORA vient de communiquer sur le démarrage fin 2019 d’une centrale en autoconsommation installée sur un entrepôt frigorifique à La Crèche en région Nouvelle-Aquitaine. Avec sa production de 900 MWh/an, elle devrait fournir 20% des besoins en électricité du site. Cette installation de 880 kWc est d’une taille finalement assez moyenne pour ORA, dont les plus petites unités avoisinent 200 kWc. Mais qui s’apprête aussi à construire une centrale en toiture de 1,5 MWc et développe des projets de 3 MWc.

« L’an passé, nous avons sécurisé et développé 7 MWc et, au total, nous devrions lancer cette année la construction de quelque 10 MWc », chiffre David Emsellem, directeur général d’ORA Energy. L’entreprise, qui estime étudier 300 à 400 projets sur une année, voit cette dynamique se traduire dans ses résultats financiers. Son chiffre d’affaires pour 2019 devrait ainsi approcher 2,5 M€ et elle s’attend à dépasser 7 M€ en 2020.

Les hésitations des assureurs

Qu’est-ce qui explique cette croissance ? D’abord, les gains rapides en rentabilité des projets. « Il y a 5 ans, les temps de retour sur investissement (TRI) étaient en moyenne de 20 ans. Ils sont aujourd’hui plutôt de 8 à 12 ans », compare le dirigeant. David Emsellem estime qu’environ la moitié des projets d’ORA se font en dehors des appels d’offres (AO) de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Pourquoi ? « Si la prime des AO CRE était versée sur 20 ans – et non pas 10 ans comme aujourd’hui – cela aiderait à rassurer les banques pour le financement des projets. Mais en l’état actuel des appels d’offres, si la prime n’améliore le TRI que de six mois à un an, elle ne fait pas basculer la décision d’investissement », décrypte le DG d’ORA. Il préfère cibler des clients motivés par l’autoconsommation et discuter avec eux de leur projet sans forcément se soucier des AO.

Cela dit, le contexte n’est pas complètement rose pour l’autoconsommation. Outre les contraintes administratives, par exemple liées à la réglementation sur l’urbanisme, David Emsellem déplore plusieurs freins. A commencer par les hésitations des assureurs à propos du photovoltaïque sur bâtiment. Ou encore la frilosité des banques, « qui ne proposent pas d’offres de financement adaptées au marché de l’autoconsommation ».