Les Hauts-de-France déploient leur plan de rénovation énergétique

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La Région Hauts-de-France a voté une série de mesures pour déployer un programme de rénovation thermique des logements. D’une part, elle a adopté un « programme régional pour l’efficacité énergétique », qui doit favoriser la mise en place de « guichets uniques de l’habitat » et de « passeports énergétiques ». D’autre part, elle a tiré le bilan de ...

l’expérimentation initiée en 2013 sur le service public de l’efficacité énergétique, qu’elle a décidé d’étendre.

Les CEE du programme Sare

La rénovation thermique « est un enjeu clé dans une région où près d’un ménage sur cinq est en situation de vulnérabilité énergétique », expliquait il y a peu à GreenUnivers Frédéric Nihous, conseiller régional délégué à la politique de l’énergie. Et en effet, les Hauts-de-France, étrillés cet été pour leur politique dans les énergies renouvelables, semblent vouloir mettre l’accent sur l’efficacité énergétique des logements.

Le programme régional pour l’efficacité énergétique (Pree), qui doit être signé avec l’Etat et l’Ademe, comprend deux principaux volets. Sur le plan financier, la Région s’engage dans « Sare », le « service d’accompagnement pour la rénovation énergétique » lancé par l’Etat dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE). Sare a vocation à financer l’identification des ménages concernés et leur accompagnement tout au long de leur parcours de rénovation. Il devrait donc naturellement être utilisé pour déployer les « guichets uniques de l’habitat » que la Région compte mettre en place pour « conseiller les habitants dans leurs projets de rénovation ».

Le passeport expérimenté 2 ans

Autre volet de ce plan : le passeport énergétique du logement. Son but est d’informer les ménages sur les travaux les plus pertinents à engager dans leur logement, les gains énergétiques qu’ils peuvent en attendre et les aides financières dont ils peuvent bénéficier. Ce passeport devra comprendre un état des lieux précis et pédagogique du logement et plusieurs scénarios de rénovation avec des préconisations de travaux « sur la base d’un gain énergétique optimal, tout en veillant à ce que cela reste financièrement viable pour le ménage ». A ce stade, une expérimentation de deux ans est évoquée.

En parallèle, les élus ont voté la généralisation du service public de l’efficacité énergétique sur tout le territoire régional. Ce service public avait été créé en 2013 à titre expérimental et seulement dans l’ex-Picardie. Il ciblait alors la rénovation des logements individuels. L’an dernier, il a été étendu aux copropriétés de toute la région. Il va maintenant être complètement généralisé, c’est-à-dire que tous les logements individuels et toutes les copropriétés des Hauts-de-France seront potentiellement concernés. Ce service sera assuré par la régie régionale dédiée à ce dispositif depuis 2013, laquelle propose une offre d’accompagnement technique et de tiers financement du reste à charge lorsque l’accès à un prêt bancaire est difficile.

Objectif : 10.000 logements en 4 ans

Lors de l’expérimentation de ce service public, dans l’habitat individuel, 6.000 ménages ont été informés, dont la moitié a reçu un diagnostic complet. Près de 600 ont été accompagnés pour la réalisation de leur projet de rénovation énergétique (avec un coût moyen de 43 000€), dont 80% avec du tiers-financement. En théorie, ces travaux devraient générer un gain moyen de 54% (en énergie primaire). Dans la pratique, sur les 116 premiers dossiers analysés, le gain réel avoisine effectivement 50%. Ces économies d’énergie permettent d’après la Région de couvrir en moyenne 65% des mensualités du financement des travaux.

Quant aux copropriétés, 16 ont été accompagnées (représentant 1422 logements). Sur ce nombre, 4 ont abandonné le projet à cause de son coût, 7 ont voté la réalisation des travaux (707 logements) et 5 sont toujours en phase de conception (301 logements).

Visiblement satisfaite, la Région compte donc désormais généraliser ce service public sur tout son territoire avec la signature d’un nouveau contrat avec sa régie pour les 4 prochaines années. Sur cette période, l’objectif est de rénover 10 000 logements, dont un tiers d’habitations individuelles et deux tiers dans le collectif.