Le grand bond en avant solaire d’EDF annoncé imminent, en France

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(@EDF Re-Sunzil)

Pour 2028, « la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est réaliste mais très ambitieuse. Il y aura de la place pour tout le monde », veut rassurer Bruno Bensasson. Le PDG d’EDF Renouvelables a fait aujourd’hui un point d’étape sur la croissance de son groupe en France, deux ans après l’annonce de son Plan solaire. Lequel avait à l’époque effrayé les PME pionnières du secteur. Sans doute pas complètement à tort puisqu’EDF ...

annonce avoir sécurisé 2 000 hectares depuis, contre 300 en 2017 et 1 000 en février. Bruno Bensasson reconnaît néanmoins qu’il s’agit « des fruits les plus faciles à saisir », c’est-à-dire de terrains dégradés qui vont finir par se raréfier. Le plus difficile reste à faire. La preuve : comme d’autres promoteurs, EDF Re suit toutes les pistes y compris celle de l’agrivoltaïsme, étudiant en R&D l’association entre panneaux solaires et culture de luzerne.

on Soleil & Moi : 1 000 pose chaque mois

Cela dit, l’électricien national ne compte pas seulement sur les plus ou moins grandes centrales au sol pour concrétiser ses nouvelles ambitions. Pour rappel, elles consistent à viser 30% de part de ce marché photovoltaïque français longtemps négligé par le groupe. Sur les 40 GW solaires espérés par la PPE en 2030, la moitié se situera en toitures, selon Bruno Bensasson. Un secteur où EDF a mis en service 130 MW cette année sur le segment des vastes toitures et ombrières. Mais il obtient aussi apparemment de bons résultats sur les petites unités logées dans EDF ENR, qui relève non pas d’EDF Re mais du Pôle clients du groupe, dirigé par Marc Benayoun. Ainsi, l’offre résidentielle « Mon Soleil & Moi », partie sur un rythme de 3 000 poses par an, est passée à 1 000 chaque mois ; sur les toits des industriels et des bâtiments tertiaires, EDF ENR a raccordé pour l’heure 100 centrales (un quart du marché) mais en prévoit trois fois plus sur le seul exercice 2020.

50 MW solaires terrestres en 2019

Tout compris, EDF Re, qui a racheté Luxel cette année et son pipe de 900 MW, dispose maintenant en France de 500 MW de projets solaires au sol autorisés, contre 95 MW il y a deux ans. Les conditions du grand bond en avant imaginées en 2017 commencent donc à s’agréger. Mais le mieux reste d’attendre et voir. En 2019, le groupe n’a réussi à mettre en service que 50 MW solaires terrestres en France et ne compte que 300 MW en production en tout. L’inertie historique continue à peser, même si elle est censée appartenir au passé : au total, ie sol et toitures, EDF compte développer 1 GW à partir de 2020, jusqu’en 2028.

200 MW éoliens en construction en 2019

L’attention que porte EDF aux EnR françaises a aussi un effet dopant sur l’éolien terrestre, un secteur qu’il a moins laissé de côté que le photovoltaïque et où il dispose de 1 664 MW en exploitation, assortis d’un pipe de 2 GW. L’énergéticien a mis 190 MW en service en 2019, pour 7 parcs et compte 200 MW en construction, soit deux fois plus que l’année précédente. Mais à la différence du photovoltaïque, EDF se garde bien d’annoncer dans ce secteur soumis à d’importants aléas une nouvelle capacité minimale annuelle sur la décennie 2020, de même que des objectifs de parts de marché.

On notera qu’EDF se lance aussi, comme Engie, dans le renouvellement des turbines, avec une première opération en Guadeloupe. Mises en service la semaine dernière, les 14 éoliennes neuves du parc de Petit-Canal remplacent 32 machines réformées, pour une puissance portée à 12 MW, la production étant en partie gérée via un stockage dans une batterie de 5 MW-6 MWh.