La rénovation sous tiers financement : performante mais rare

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(c) Pixabay

Conçues pour pallier le manque de prêts privés pour rénover thermiquement les logements, les sociétés régionales de tiers financement, rendues possibles par le décret du 19 mars 2015, restent rares. Quatre exercent à l’heure actuelle, sous statut de régie ou de société d’économie mixte : le SPEE* dans les Hauts-de France, ARTEE** en Nouvelle Aquitaine, Ile-de France Energies, spécialisée sur les copropriétés et Oktave, dans le Grand-Est. Deux autres structures sont pressenties, en Occitanie avec l’Agence régionale de l’énergie et du climat, en cours d’agrément et une autre en Centre-Val-de Loire, moins avancée.

Gain énergétique de 45%

Bonne nouvelle, les STF pionnières bénéficient aujourd’hui d’un ...

retour d’expérience positif sur leur activité, qui prend en main les rénovations lourdes, c’est-à-dire des montants autour de 30 000€ avec un reste à charge pour les ménages entre 30€ et 80€ par mois, à rembourser sur le long terme. « Le gain énergétique, sur trois ans, ressort à 45% et les économies sur la facture d’énergie couvrent 62% de la mensualité du prêt », calcule Alice Morcrette, directrice de SPEE. La régie a jusqu’à maintenant aidé à la rénovation de 1 600 logements, dont un millier dans 12 copropriétés. Comme ses consoeurs aquitaine et francilienne, elle bénéficie d’un soutien majeur de la Banque européenne d’investissement (BEI), en l’espèce de 35,5 M€. 

14 mois pour un Eco PTZ collectif

Le problème ? Le gouffre entre le nombre de logements bénéficiaires et les besoins. « La Nouvelle Aquitaine compte 1,4 million de résidences principales construites avant 1975 ; nous devrions effectuer 62 000 rénovations par an », situe Carine de Vitry, directrice générale déléguée de l’ARTEE. Mais cette SEM n’a réussi à accompagner que 200 ménages pour le moment. Sans parler d’Ile-de-France Energies qui constate que quatre à cinq ans vont s’écouler en moyenne entre la prise de décision dans une copropriété et la fin des travaux, avec un délai de 14 mois pour décrocher un Eco PTZ*** collectif, que ne pratiquent  plus que deux établissements : Domofinance et la Caisse d’Epargne francilienne.

Comment accélérer le mouvement, puisque l’argent ne manque pas pour ces premières sociétés de tiers financement françaises, la BEI prévoyant une enveloppe de 400 M€ à leur destination ? « La priorité est de stabiliser les aides, en particulier l’Eco-PTZ et le CITE**** et d’inciter vraiment à la rénovation globale », estime Christophe Dujardin, président d’Ile-de-France Energies. 

*Service Public de l’Efficacité Energétique
** Agence Régionale pour les Travaux d’Économies d’Énergie
***Eco Prêt à Taux Zéro
**** Crédit d’impôt pour la transition énergétique