Offre d’électricité verte : Sun’R veut réunir les petits producteurs

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Photomontage de projet vitivoltaïque © Sun’R

Sun’R lance Volterres, une « offre d’électricité verte en circuit court basée sur la blockchain » officiellement présentée le 17 avril par le producteur d’énergies renouvelables. En gestation depuis pas moins de sept ans, elle s’adresse aux PME et collectivités locales à la recherche d’une offre d’électricité renouvelable, sans surcoût et plus « qualitative » que celles basées sur les garanties d’origine. « Typiquement des entreprises et collectivités consommant entre 150 MWh et 50 GWh d’électricité par an », précise Alexis Bouanani, directeur de l’activité Volterres chez Sun’R. Cet ancien salarié d’EDF et Poweo a travaillé pendant dix ans dans la fourniture d’énergie et a rejoint le projet Volterres il y a un an. En complément de ses propres capacités photovoltaïques, Sun’R cherche désormais ...

à rallier d’autres producteurs EnR indépendants.

Une offre à prix marché

Concrètement, l’offre est portée par Sun’R Smart Energy, la filiale de Sun’R spécialisée dans les services énergétiques. Mais pour l’occasion, elle change de nom et devient Volterres. L’offre a été développée avec les conseils ISlean et Blockchain Partner. Elle est proposée en partenariat avec l’agrégateur suisse Axpo, qui travaille aussi depuis septembre dernier avec Cap Vert Energie sur une offre d’électricité verte pour les professionnels.

La démarche de Sun’R consiste à s’inscrire en totale opposition au modèle des garanties d’origine (GO), dont l’entreprise dénonce l’opacité et l’incompatibilité avec le développement de nouvelles capacités EnR, surtout avec la prochaine mise en place d’enchères pour les GO. « Pour accélérer la transition énergétique, il faut tourner le dos à ce système », défend Antoine Nogier, président de Sun’R. Même si, dans les fait, Sun’R achètera pour l’instant les GO nécessaires pour rester dans le cadre légal.

Volterres entend plutôt proposer une offre qui « permet une traçabilité locale complète » de façon transparente en temps réel (à l’échelle de la demi-heure), et plus simple que les PPA et que l’autoconsommation. « C’est une offre d’électricité classique, à prix fixe sur un à trois ans, comme celles que les acheteurs ont l’habitude de voir », insiste Alexis Bouanani. « Nous la proposons à un prix de marché comparable à ce que leur proposera tout autre fournisseur d’une offre, verte ou non. »

Un mix à construire

La particularité de Volterres tient à deux briques technologiques. D’abord, un système basé sur la blockchain certifiant le parcours de l’électricité depuis la centrale EnR jusqu’au consommateur (comme la solution proposée par The energy origin, un essaimage d’Engie). Baptisé « Reds » pour « renewable energy digit system », le système utilisé par Volterres a été conçu spécialement. Il est censé être inviolable, garantir la confidentialité des données et l’authenticité des informations, à un coût énergétique le plus faible possible par rapport à d’autres solutions blockchain (moins de 100 kWh consommé par an).

L’autre brique technologique est un système d’affectation de la production tenant compte des contraintes imposées par les clients. Ces derniers ont la possibilité de choisir leurs centrales d’approvisionnement en fonction de la distance par rapport à leur site de consommation et du type d’énergie (éolien, solaire, biomasse ou hydroélectrique). Un tableau de bord leur permet d’accéder aux détails de ces informations, et de les extraire pour les valoriser dans leurs rapports RSE ou autres dispositifs de communication.

Objectif : 5 TWh dans 10 ans

Attention toutefois : Volterres ne garantit pas à tout moment une électricité 100% renouvelables, pas immédiatement en tout cas. Son offre réflètera en fait la réalité du mix de production dont Volterres disposera à chaque instant. Dans un premier temps, Sun’R va attribuer une capacité photovoltaïque de 30 MW à Volterres sur les 100 MW qu’il a en construction ou en exploitation. En complément, l’idée est de s’associer à d’autres producteurs EnR indépendants (qui pourront conserver leur propre nom dans l’offre).

C’est là qu’Axpo intervient. Contractuellement, les producteurs signeront un contrat d’agrégation avec Axpo qui, de son côté, signera un contrat d’approvisionnement avec Volterres. Enfin, pour boucler la boucle, les producteurs signeront aussi un contrat avec Volterres pour garantir la traçabilité de l’électricité. Le détail de l’offre – en termes d’implantation géographique comme de type d’énergies – dépendra donc du portefeuille de centrales associées à cette démarche. Sun’R se dit « en discussion avancée avec plusieurs producteurs ».

Le complément pour assurer l’équilibre offre-demande sera acheté sur le marché de l’électricité. « Notre objectif est de tendre vers le 100% renouvelable. Nous ferons le maximum d’efforts dans ce sens en fonction du mix de production », résume Alexis Bouanani. Au final, le consommateur final disposera sur son tableau de bord d’indicateurs sur la réalité de l’électricité qui lui a été attribuée : kilométrage moyen entre les sites de production et de consommation, part de renouvelables et contenu carbone par demi-heure. Volterres vise « une part de marché de 5 TWh/an dans 10 ans, ce qui pourrait correspondre à 5% de la capacité EnR installée, hors grands barrages, à cette échéance », chiffre Alexis Bouanani, qui cible aussi un point intermédiaire de 2 TWh en 2022.