Eolien : les Français brillent en Tunisie

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(c) Présidence du gouvernement tunisien


*Article modifié le 14 janvier suite aux précisions de Fanga Energies.
Le président du gouvernement tunisien (équivalent du Premier ministre) a signé jeudi les protocoles d’accord pour la construction de quatre parcs éoliens, de 30 MW chacun, soit 120 MW en cumulé. Les Français font bonne figure avec deux lauréats sur quatre.

115 M€ d’investissements

Les deux lauréats français sont ...

 Lucia Holding (la société de Jean-Marc Bouchet) et VSB Énergies Nouvelles. Ils sont accompagnés par l’allemand AboWind et l’américain UPC Energy Group. Les vainqueurs de cet appel d’offres ont proposé un prix très compétitif, autour de 40 à 45 €/MWh. Ils signeront leur contrat de Power purchase agreement (PPA) avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) d’ici deux semaines pour une mise en service prévues pour la fin de l’année 2020.

Les lauréats ont déposé un dossier complet, contrairement aux appels d’offres « concession » sur lesquels la STEG s’occupe du foncier et de certaines études (vent par exemple) . Le montant total de l’investissement a été estimé par le gouvernement tunisien à 400 millions de dinars (115 M€). « L’annonce des résultats a été une petite surprise car les dossiers avaient été déposés seulement le mois dernier. La STEG a fait preuve d’une grande célérité dans le choix des projets », se félicite Jérôme Billerey, ancien directeur général de Quadran qui vient tout juste de lancer son cabinet de conseil Fanga Energies.

Les Français en nombre

Attention, ces quatre projets attribués ne correspondent pas aux deux tranches éolien/solaire de 500 MW annoncées au printemps 2018, qui eux font l’objet de concessions. Cet appel d’offres est toujours en cours, une liste d’entreprises pré-sélectionnées ayant été rendue publique en fin d’année dernière. Parmi les sociétés toujours en lice, les Français sont très bien représentés.

Dans l’éolien, EDF RE s’est alliée à Masdar et Mitsui, Akuo Energy à Globeleq Africa et HBG Holding, ou encore Engie au tunisien Nareva Renouvelables. Voltalia se distingue par une double participation, seul et en partenariat avec Acwa Power au travers de Martifer Solar qu’il a racheté en 2016. Enfin, Lucia Holding fait équipe avec Total Eren et Access Infra Africa Limited. À noter aussi la pré-sélection du turc Zorlu Enerji Elektrik üretim AS, du chinois Power Construction Corporation of China ou encore de l’espagnol Acciona et de l’italien Enel. La concurrence devrait être rude.

Dans le solaire, les consortiums sont les mêmes pour EDF RE, Engie, Total Eren et Akuo Energy. En revanche, Voltalia s’est allié à l’espagnol Cobra Instalaciones y Servicios, Tunur, et Low Carbon (Ventures et Ltd). GreenYellow, la filiale de Casino, fait également partie de la shorting list.

Deux régimes d’appel d’offres

Bien que lancé il y a 10 mois, le calendrier de cet appel d’offres reste obscur. Seule certitude, le gouvernement souhaite conserver ces deux régimes d’appel d’offres. Le premier est moins volumineux en termes de MW, mais le processus semble plus rapide. Un autre appel d’offres de ce type est attendu cette année.

Le deuxième régime donne davantage de latitude à la STEG. La réponse est donc essentiellement jugée sur le prix du kWh proposé par les développeurs. La Tunisie espère atteindre un parc EnR installé de 2 700 MW en 2030.