Le programme d’Emmanuel Macron pour la transition énergétique

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Elu président de la République hier dimanche 7 mai, Emmanuel Macron ne devrait pas changer de cap en matière environnementale si l’on se réfère à son programme.

« Par rapport à la loi de transition énergétique, En Marche ! s’inscrit dans une continuité pragmatique », indiquait Daniel Bour, président du syndicat Enerplan, il y a quelques jours à GreenUnivers. Pour lui, Emmanuel Macron va prolonger le mouvement impulsé ces dernières années et sans doute l’accentuer. » L’impression est la même au Syndicat des énergies renouvelables, dont le délégué général Damien Mathon estimait que le programme d’En Marche ! correspond en gros à ce qui est prévu dans la loi à quelques nuances près. Lesquelles ne sont quand même négligeables.

Des points à préciser

Emmanuel Macron souhaite ainsi doubler la capacité solaire et éolienne d’ici la fin du prochain quinquennat et installer 26 GW de capacité supplémentaire. Ce qui, selon Damien Mathon, est un peu en deçà des objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Son programme prévoit aussi 15 Mds€ d’investissement pour la transition énergétique et écologique. Il est probable que cet argent soit public et s’ajoute aux investissement privés (30 Md€ prévus pour atteindre les objectifs de la PPE) mais cela gagnerait à être précisé et les organisations professionnelles sont en attente de confirmation. Ces 15 Mds€ pourraient être fléchés vers le Programme des investissements d’avenir et pas spécialement vers les énergies renouvelables, d’ailleurs.

Visibilité sur les appels d’offres

D’autres éléments programmatiques d’En Marche ! sont moins ambigus et réjouissent les représentants des filières EnR. Primo, Emmanuel Macron s’est engagé à rendre public dès son élection le calendrier des appels d’offres sur la totalité du quinquennat. Secundole doublement du fonds chaleur, de 200 M€ à 400 M€, comme le prévoit le gouvernement actuel d’ailleurs. En Marche ne fixe toutefois pas de calendrier. Ce qui fera aussi partie des questions posées à l’équipe du candidat pendant l’entre deux tours… Tertio, le remplacement du Crédit impôt transition énergétique (CITE), perçu après la réalisation de travaux d’efficacité énergétique, par une subvention obtenue a priori – mais cette mesure n’est pas chiffréeAutre gros satisfecit, la Contribution Climat énergie, portée à 100€ en 2030, ce qui est encore une fois un copié-collé de la ligne actuelle.

Soit dit en passant, le programme énergétique du nouveau président n’est pas forcément en ligne avec le track record de l’ancien ministre de l’Economie : entre 2014 et 2016, il a notamment soutenu la recherche sur l’exploitation des gaz de schiste, le projet de centrale nucléaire d’Hinkley Point et plusieurs autorisations d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures.

L’atome toujours aussi flou

Chez En Marche !, la politique nucléaire n’est pas des plus claires – cultivant ici la même ambiguïté que le ministère de l’Environnement actuel. D’un côté, le mouvement de l’ancien ministre de l’Economie réaffirme que cette part descendra à 50% en 2025, de l’autre il repousse les décisions sur les centrales à, plus tard en attendant les conclusions de l’Autorité de Sûreté nucléaire en 2018 sur la prolongation du parc au-delà de 40 ans.