La piscine d’Aix vise 45% d’économies d’énergie

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Piscine-yves-blanc-aix-en-provenceLes piscines sont des gouffres à énergie et les rénover peut générer de belles économies. Engie Axima, la filiale du groupe Engie orientée vers le génie climatique, annonce ainsi 45% d’économies d’énergie grâce à la réhabilitation de la piscine publique de standard olympique Yves Blanc à Aix-en-Provence et 37% de réduction de sa consommation d’eau. Des gains obtenus alors que ce bâtiment public des années 1960 gagne en même temps en superficie, confort – un petit bassin supplémentaire – et ...

accessibilité.

Bâcher, voilà une bonne idée

« Le poste énergétique le plus important est celui du chauffage du grand bassin », explique Mathieu Joly, responsable efficacité énergétique et environnementale d’Engie Axima. La réduction de la consommation d’eau va beaucoup nous aider à diminuer les besoins de chauffage ». La société va en fait jouer sur plusieurs tableaux : installer une pompe à chaleur de compétition baptisée thermo-frigo pompe, filtrer l’eau avec des billes de verre activées pour la renouveler moins souvent et aussi, tout bêtement, bâcher le bassin dès que les baigneurs sont partis.

A cela s’ajoutent, entre autres, des panneaux solaires thermiques sur 70 mètres carrés qui fourniront les deux tiers des besoins d’eau chaude sanitaire mais aussi de gros travaux d’étanchéité à l’air et d’isolation par double vitrage en toiture. Le tout débouche sur une facture de 10 M€ pour la Communauté d’agglomération du Pays d’Aix, selon les chiffres communiqués par Mathieu Joly, qui  ne souhaite pas préciser quelle part prennent les travaux d’efficacité énergétique dans ce montant : « il en va de plusieurs millions d’euros et  le retour sur investissement se fait sur à peu près la même durée que le contrat d’entretien et maintenance dont est justement titulaire Engie, soit sept années ».

Sept ans pour amortir

Cette réhabilitation s’inscrit dans le cadre d’un contrat public de type Crem (conception-réalisation-exploitation-maintenance), une première dans le secteur des piscines municipales. « Ce contrat comprend un engagement de performance énergétique. Engie devra obtenir très vite et maintenir pendant sept ans  les résultats pour lesquels les travaux auront été menés », explique Mathieu Joly.  Après huit mois de conception, les travaux commenceront en novembre 2016 pour environ 17 mois.

Les ingénieurs des bureaux d’études spécialisés ont depuis longtemps pris conscience des gouffres énergétiques que sont les piscines municipales qui, comme tous les bâtiments publics, vont devoir améliorer leur performances. L’un d’entre eux, Alain Garnier, directeur du bureau d’études Garnier à Reims et auteur en 2011 d’un petit guide qui fait toujours référence, rappelle que « la consommation d’énergie d’une piscine est astronomique. Pour les piscines existantes, elle est d’environ 2800 kWh par mètre carré de plan d’eau ». Bonne nouvelle, selon ce spécialiste, la consommation d’énergie pour la plupart des piscines existantes peut être réduite de 40% et,  avec des moyens financiers supplémentaires, des gains de 50 à 55% sont accessibles.

Dans un autre ordre d’idée, certains piscines se dotent d’équipements de récupération de chaleur, comme celle de la Butte-aux-Cailles à Paris qui profite des calories dégagées par des serveurs informatiques.