Akuo Energy convainc la BEI, en passant par Natixis

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Ce n’est pas tous les jours qu’un développeur et producteur d’énergies renouvelables français bénéficie d’un prêt de plus de 160 M€ de la Banque européenne d’investissement (BEI). Akuo Energy peut donc célébrer l’emprunt annoncé le 20 novembre, qui associe le développeur, la BEI et Natixis Energeco. Ce prêt porte sur neuf projets français de centrales éoliennes, solaires et biomasse. Ils pèsent 129 MW de capacité et représentent un montant total de 329 M€ investis, fonds propres et dette (263 M€) inclus. La BEI prête 50% de la totalité du programme, soit 164,6 M€ exactement.

L’opération est découpée en plusieurs tranches et devrait associer en tout ...

trois banques commerciales. Pour l’instant, 5 projets sur 9 sont refinancés, dans une première tranche que structure à 100% Natixis Energéco. « Le prêt de la BEI passe par les livres de Natixis Energéco mais nous est destiné exclusivement. Nous y gagnons 30 à 40 points de base, ce qui renforce la compétitivité de nos futurs projets », explique Olivier Leruste, responsable du financement de projets d’Akuo Energy. Il insiste aussi sur la visibilité long terme du financement, qui s’étend sur 15 à 20 ans.

La BEI dans les conditions du direct

Pour la BEI, ce prêt quasi direct est une déclinaison concrète du déploiement vers l’énergie et notamment les EnR. « Il est de notre responsabilité de créer les conditions favorables au financement de projets clefs pour la transition énergétique », affirme Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, dans le communiqué commun Akuo et BEI. Mais c’est aussi une évolution dans le comportement de la banque européenne. Jusqu’à maintenant, ses investissements – en dehors de ceux qui visent les collectivités – englobaient plusieurs développeurs, passaient par le marché bancaire et ne déclenchaient pas nécessairement de lourds audits.

Rien de tel avec le prêt accordé à Akuo Energy : c’est le développeur qui a sollicité la BEI et celle-ci a du coup déclenché une jolie procédure d’audit sur la société et chaque projet proposé. Selon Olivier Leruste, les analystes ont en particulier regardé la gouvernance, le contrôle des risques, le respect des directives de l’Union européenne sur la mise en concurrence des fournisseurs et sur le coût moyen pondéré de l’électricité qui sera produite localement .

Projets bien avancés

Du côté de la filiale de la BPCE, l’opération BEI est aussi un atout, puisque cela améliore la liquidité, évite d’aller chercher du refinancement sur le marché interbancaire et,  in fine, peut réduire les conditions des prêts.

Les projets refinancés sont déjà à un stade avancé et certains ne sont même plus des projets car déjà entrés en service. Le volet éolien se trouve en Seine-et-Marne, Aube et Marne, le programme photovoltaïque est en Corse et à La Réunion (avec stockage) et la partie biomasse vise la cogénération, en Franche-Comté et dans le Nord.

Ce prêt gagné auprès de la BEI contribue à encourager Akuo Energy dans ses ambitions, qui sont grandes. Le groupe vise une capacité de production globale de 3 000 MW d’ici à cinq ans. A fin 2014, il en était à 527 MW d’actifs en exploitation et en construction et plus de 400 MW en cours de financement. Le chiffre d’affaires consolidé s’élève à 105 millions d’euros, le groupe emploie 177 collaborateurs.

La BEI s’intéresse de près à la transition énergétique sur le continent et dans l’Hexagone. En juillet dernier, Omnes Capital a reçu son soutien pour le fonds Capenergie 3, dédié au financement des infrastructures d’énergies renouvelables, soit 50 millions d’euros en fonds propres. La BEI a par ailleurs déjà apporté 40 millions d’euros à un autre fonds EnR, Eurofideme 3 de Mirova.