Quadran accueille un nouvel investisseur et prépare l’agrégation

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Jean Marc Bouchet (DR)
Jean-Marc Bouchet (DR)

Pour continuer à grandir, Quadran a besoin d’investir. La réserve de projets du développeur créé et présidé par Jean-Marc Bouchet est impressionnante. Dans le seul « pipe » éolien, la société dispose de 150 MW autorisés et prévus pour une mise en service entre 2016 et 2017 et d’un portefeuille en instruction ou en développement de près de 2 200 MW.  Résultat  : « nos besoins en fonds propres vont s’élever à 30 M€ chaque année. Il nous faut des solutions qui permettent de trouver des fonds facilement et régulièrement, bien dans le rythme de notre activité », explique Jean-Marc Bouchet. Pour y parvenir, Quadran a décidé de lancer une fusée à trois étages.

Le premier : une augmentation de capital, ...

qui devrait être finalisée en juillet – là-dessus, on en saura plus dans quelques semaines ; pour rappel, Quadran – née de la fusion de JMB Energie et Aérowatt – est détenue à 100% par Jean-Marc Bouchet. Deuxième étage, l’entrée ce mois-ci d’un grand investisseur, en l’occurrence l’assureur vie Prédica, via sa filiale SH Prédica Energies Durables, gérée par Omnes Capital. Quadran et Prédica créent une filiale à 51/49, baptisée Quadrica et valorisée à hauteur de 30 M€. Y sont logés 76 MW d’actifs, soit environ 20% du portefeuille du développeur. Et à terme, elle accueillera un portefeuille d’actifs de plus de 200 MW de projets éoliens terrestres.

40 candidats investisseurs

Prédica a été choisi parmi quelque quarante candidats investisseurs. Les raisons : bien entendu une valorisation attractive des actifs mais aussi une philosophie qui a plu au développeur. L’assureur accepte en effet des rendements pas trop élevés et tolère une marge d’incertitude, pour des actifs dont il prévoit de sortir dans dix ans, selon des conditions respectant l’indépendance de Quadran.

Pour Predica, cette opération dans les EnR n’est pas une première : en décembre 2013, l’assureur avait acheté 50% du capital de la filiale de GDF Suez Futures Energies Investissement Holding (FEIH), fortement investie dans l’éolien terrestre français. Plus généralement, selon les explications de Louis Blanchard, associé de Taylor-Dejongh et conseil financier de Quadran, « cet investissement correspond à un moment de désintermédiation dans les EnR et au fort intérêt que celles-ci suscitent auprès des assureurs et fonds de pension, du fait de cash flows prédictibles et récurrents. »

Devenir le Système U des EnR

Coté Quadran, cette opération est aussi reliée au troisième étage de la fusée, qui consiste à réorganiser les actifs. Une cession de parc éolien est en cours, la dette est en voie de restructuration et les actifs se regroupent ; 123 Venture vient ainsi de céder à Quadrica un actif qu’il co-détenait avec Quadran. Surtout, dans les années qui viennent, le partenariat avec Prédica devrait s’étendre au greenfield et permettre à Quadran d’accélérer les implantations.

La société ne fait pas seulement mouvement côté investissement. Elle anticipe aussi la fin des tarifs d’achat et l’arrivée des mécanismes de marché. « La commercialisation devient un axe majeur de notre activité » prévoit Jean-Marc Bouchet. Une filiale baptisée Energies Libres a donc été créée, qui « se veut un outil collaboratif pour agréger la production des petites et moyennes centrales de mes confrères. Nous voulons devenir le Système U des EnR… » explique Jean-Marc Bouchet.

Ses arguments ? Non seulement le complexe métier d’agrégateur ne s’invente pas mais, en outre, plus la production est importante, plus la prédiction est fiable. En la matière, Quadran sait de quoi il parle : il est actionnaire à hauteur de 50% d’Hydronext, agrégateur dans le petit hydraulique. Pour les PME et ETI des EnR, mutualiser pourrait devenir stratégique. Energies Libres représenterait ainsi une alternative aux grands agrégateurs danois, norvégiens ou allemands, auxquels la réforme des tarifs d’achats offre de grandes opportunités sur le territoire français.