Idex s’enracine dans les réseaux de chaleur renouvelable en France

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Le réseau de chaleur du quartier Bassins à flot de Bordeaux. (Crédit : Energie des bassins)
Le réseau de chaleur du quartier Bassins à flot de Bordeaux. (Crédit : Energie des bassins)

Les réseaux de chaleur et de froid renouvelables continuent leur progression, avec des leviers comme le doublement du fonds chaleur de l’Ademe à 420 millions d’euros d’ici 2017. Idex, exploitant d’infrastructures énergétiques (réseaux de chaleur, biomasse, géothermie…) et de services d’efficacité énergétique, veut en profiter en doublant sa part de marché sur ce segment à 10% d’ici à 2020. Pour mettre en oeuvre cette ambition ...

face aux grands acteurs comme Cofely et Dalkia, le groupe opte pour une stratégie de partenariats, en se tournant vers des solutions locales d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R).

Prise de participation au capital

Dernière alliance en date : Idex a remporté la délégation de service public de Bordeaux Saint Jean Belcier avec la société girondine Mixéner, filiale spécialisée dans l’exploitation de réseaux de chaleur verts de Régaz, le gestionnaire du réseau de distribution du gaz bordelais. Les deux entreprises vont concevoir, construire et exploiter un réseau de chaleur et de froid à 90% renouvelables grâce à la valorisation énergétique des déchets ménagers d’une usine voisine, située à Bègles (lire encadré en fin d’article).

Le groupe francilien a déjà collaboré avec Mixéner en 2013 pour un projet de réseau de chaleur renouvelable dans l’écoquartier bordelais des Bassins à flot. En 2014, il a décidé de pousser cette collaboration en entrant au capital de Mixéner à hauteur de 24,5 %. D’ici à la fin 2015, il pourrait monter à 49%.

« Nous cherchons à nous développer en proposant une alternative crédible face aux grands groupes avec une gouvernance davantage partagée avec les pouvoirs publics, explique Guillaume Planchot, directeur du développement réseaux de chaleur et froid d’Idex. Nous sommes très soutenus par notre actionnaire qui accorde 100 millions d’euros par an à cette activité. » Le fonds Cube Infrastructure (Natixis Environnement et Infrastructures) a racheté en 2011 la société à ses deux actionnaires de l’époque, le fonds IK Investment Partners, majoritaire depuis 2004, et la famille Planchot, fondatrice d’Idex en 1963.

Verdissement des réseaux et écoquartiers

Idex a ainsi développé différentes formules de partenariats – entrée au capital, joint-venture, groupement momentané, etc. – avec des sociétés d’économie mixte, la Caisse des Dépôts ou des industriels comme le groupe Pizzorno à Toulon ou la société Chaleur des Alpes en Haute-Savoie. « Idex apporte une vision nationale, une capacité d’investissement importante et peut lever de l’argent pour les projets », souligne Guillaume Planchot.

Le marché progresse sur deux axes : le verdissement des 501 réseaux existants en France* et la construction de nouveaux quartiers sobres en énergie et alimentés par des énergies renouvelables. Ces grands segments sont accompagnés par le secteur plus petit des projets d’extension et de densification des réseaux. Chez Idex, les 50 réseaux de chaleur et de froid gérés, dont 35 fonctionnent à partir d’énergies renouvelables et de récupération, représentent 15% du chiffre d’affaires de l’entreprise (686 M€ en 2014).

+ 50% en 9 ans

Au total, le marché est estimé entre 2 et 2,5 milliards d’euros par an en France, selon Guillaume Planchot. Les énergies renouvelables et de récupération représentent en moyenne 40% des énergies utilisées par les réseaux de chaleur. Soit une augmentation de plus de 50% en neuf ans, détaille une étude du Syndicat national du chauffage urbain.

Premier réseau de froid renouvelable en France

D’ici 2016, le tandem Idex-Mixéner démarrera les travaux de raccordement des réseaux de chaleur et de froid dans le cadre d’une délégation de service public. Le groupement a proposé à Bordeaux Métropole de créer le premier réseau d’eau glacée de France alimenté par 90% d’EnR&R (le reste proviendra de l’énergie électrique) pour rafraîchir et climatiser les bâtiments neufs du secteur tertiaire de la ZAC Saint Jean Belcier. « C’est un système novateur puisque la production de froid sera assurée par l’usine de déchets ménagers voisine, explique Gérald Alves, chef de service chez Mixéner. Le froid renouvelable devient intéressant économiquement quand l’énergie est peu chère, que la température de l’eau est supérieure à 100 C° et que les besoins en froid sont relativement concentrés autour de la production. »

La chaleur renouvelable du réseau sera produite à 90% par la valorisation énergétique des déchets ménagers traités par la même usine. Les 10% restants proviendront d’une chaudière d’appoint alimentée en gaz naturel. Les travaux s’effectueront entre 2016 et 2023, avec un objectif final d’un équivalent de 18 000 logements raccordés.

* Enquête nationale sur les réseaux de chaleur, réalisée par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine, décembre 2014.