Smart grids en France : les premiers retours d’expérience [5/7]

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internet-of-thingsDans son dossier spécial consacré à la révolution des smart grids, GreenUnivers a fait le point sur l’arrivée à maturité de l’effacement, et l’installation programmée des compteurs communicants dans les foyers français. Le tout, orchestré par des politiques publiques en charge d’orienter l’investissement. Après plusieurs années d’expérimentations, partout en France, les premiers enseignements se dégagent.

Plus de 200 projets

La Commission de ...

 régulation de l’énergie (CRE) a recensé plus d’une centaine de projets dans l’Hexagone ces dernières années (1). L’Interpôle smart grids France (2) souligne aussi une activité marquée avec un montant de 1,2 milliard d’euros déjà engagé sur plus de 200 projets en cours ou à venir (3). Cette dynamique permet la création d’un écosystème, l’émergence de laboratoires grandeur nature et l’entrée de la France dans le camp des meneurs technologiques.

CRE
(Source : CRE)

Au dynamisme de l’Ademe sur les appels à projets, s’ajoute le plan Réseaux électriques intelligents de la Nouvelle France Industrielle, dans le cadre duquel deux concours d’innovation (l’un chez RTE, l’autre chez ERDF) sont sur les rails en 2015. En Europe, a été lancé le premier appel à projets de l’initiative, nommé ERA-Net Smart Grids Plus (40 M€ alloué dans le cadre du programme Horizon 2020).

Bilans avant le déploiement

Les premiers enseignements des démonstrateurs apparaissent, favorisant l’étape décisive du déploiement. Voici quelques exemples. L’efficacité énergétique active des bâtiments a été mise en valeur par le programme Homes (piloté par Schneider Electric), avec des économies d’énergie de 20 à 50% réalisées grâce à un investissement de 20 à 50 euros par mètre carré, et un taux moyen de retour sur investissement de cinq ans.

Repère : Homes livre ses théories chocs sur l’efficacité énergétique active – Février 2013

La gestion locale de la flexibilité (sur un territoire) commence à être démontrée par GreenLys (piloté par ERDF), Nice Grid (ERDF) et Smart ZAE (Cofely Ineo). Nice Grid souligne aussi que la consommation d’énergie solaire peut être optimisée grâce à des offres d’incitation aux heures solaires. Le démonstrateur Modelec (Direct Energie) a démontré une acceptabilité de 98,7% des clients-testeurs sur l’effacement, et un taux d’implication de 60% sur des programmes de gestion des consommations.

Le démonstrateur IssyGrid (Bouygues Immobilier) affine l’équation visant à corréler prédiction et production effective des énergies intermittentes. Le projet Venteea (ERDF) est bien parti pour confirmer le pilotage en temps réel d’une batterie couplée à de l’éolien, en vue de monétiser des services auprès des opérateurs de réseau (réglage de fréquence, lissage des variations de production). Les entrepôts de froid ont démontré être un excellent vecteur d’intégration des énergies renouvelables intermittentes, d’après EnR-Pool (Energy Pool).

Le Grand Lyon, une vitrine exceptionnelle

Le Grand Lyon est un laboratoire unique en France avec pas moins de 7 grands démonstrateurs smart grids finalisés ou en cours d’expérimentation sur la période 2015-2016, pour un montant d’investissements cumulés de près de 200 millions d’euros. Trois démonstrateurs se veulent inédits et se démarquent par leur ampleur.

Piloté par EDF, impliquant 21 partenaires et soutenu par les Investissements d’avenir, le projet Smart Electric Lyon représente 69 millions d’euros d’investissement. Il vise l’analyse des usages énergétiques de 25 000 foyers pilotes, et des actions de maîtrise de l’énergie chez 2 500 logements et 100 sites tertiaires.

Le deuxième démonstrateur est Lyon Smart Community, piloté par Toshiba, soutenu par l’agence japonaise NEDO, avec 22 partenaires. Ses 50 millions d’euros d’investissement ambitionnent de faire du nouveau quartier Confluence, un territoire pionnier autour de quatre piliers : bâtiments à énergie positive, suivi énergétique résidentiel, autopartage de véhicules électriques et système de gestion globale.

Enfin, le projet GreenLys mené par ERDF (soutenu par les Investissements d’avenir), pèse 43 millions d’euros et vise un réseau démonstrateur à taille réelle.

Ce statut de laboratoire pour le Grand Lyon a été favorisé par une expérimentation Linky entamée en 2011 (175 000 compteurs électriques pilotes) et le projet Watt & Moi (2012-2014). La métropole accueille aussi le projet européen Transform (7,8 M€). Et sur le front du gaz, elle sera pionnière avec le déploiement de 35 000 compteurs pilotes Gazpar, d’ici à 2016.

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(1)Délibération de la Commission de régulation de l’énergie du 12 juin 214 portant recommandation sur le développement des réseaux électriques intelligents en basse tension. A consulter également l’annuaire des projets smart grids en France, www.smartgrids-cre.fr.

(2) Smart Grids France est un regroupement de 10 pôles de compétitivité : Advancity, Alsace Energivie, Capenergies, Derbi, Images&Réseaux, Minalogic, S2E2, SCS, Systematic, Tenerrdis