Smart grids : le rôle structurant des politiques publiques [4/7]

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internet-of-thingsEn France, la révolution numérique est en marche et l’énergie n’y échappe pas. A la clé, du smart dans les réseaux, la maison et la gestion de l’énergie. Notre dossier spécial smart grid a déjà permis d’aborder deux changements qui seront majeurs dès 2015 : l’arrivée des compteurs communicants et la généralisation de l’effacement. Les politiques publiques ont évidemment un rôle majeur dans la mise en place de ce nouveau paradigme énergétique. C’est l’objet de ce quatrième volet

Naissance de l’ ...

institut SuperGrid

L’Institut pour la transition énergétique (ETI) baptisé SuperGrid, annoncé en 2012 dans le cadre des Investissements d’avenir, est officiellement né en janvier 2014 à Villeurbanne (Rhône-Alpes), autour des autoroutes de l’énergie du futur. La France a reçu, en septembre 2014, le feu vert de la Commission européenne pour verser une aide de 86,6 millions d’euros. Alstom est l’actionnaire principal aux côtés d’acteurs privés (Nexans, RTE, EDF, Vettiner, Ion Beam Services, Novasic), de laboratoires publics et d’universités (1)

La Nouvelle France Industrielle

Les réseaux électriques intelligents figurent parmi les 34 plans de la « Nouvelle France Industrielle » présentée concrètement en 2014. Sous la houlette de Dominique Maillard, président du directoire de RTE, le plan smart grids enrôle, chez les acteurs privés, les opérateurs de réseaux ERDF, RTE et URM et, chez les industriels, Alstom Grid, Schneider Electric, Alcatel-Lucent, Capgemini, Sagemcom. Plusieurs objectifs sont fixés : création d’une équipe de France capable de fédérer la filière, d’attaquer les marchés internationaux, de passer de la démonstration à la réalisation, et de prendre de l’avance dans la course à l’innovation.

Repère : Emmanuel Macron engage la phase 2 des plans industriels – Décembre 2014

Des Investissements d’avenir salvateurs

Les aides publiques jouent un rôle de catalyseur pour les investissements privés (R&D et démonstrateurs). L’Ademe a lancé, en avril 2014, un troisième appel à manifestations d’intérêt (AMI) dans le cadre du programme « Réseaux électriques intelligents » des Investissements d’avenir. Ce programme est doté, au total, de 165 millions d’euros depuis 2010. De précédents AMI ont déjà permis le soutien de 16 projets, pour un montant d’aides cumulées de 83 millions d’euros, sur 300 millions d’euros d’investissement total (2). Cet élan a été distingué par l’institut JRC-IES de l’Union européenne dans son rapport 2014 sur les projets de smart grids, plaçant la France comme un leader et le premier destinataire des investissements européens (R&D et démonstrateurs), avec 500 millions d’euros au total, dont 300 millions de fonds privés (3).

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(1) Les partenaires de SuperGrid sont Alstom, Nexans, RTE, EDF, Vettiner (Lyon), Ion Beam Services (Aix-en-Provence), Novasic (Chambéry), École Centrale de Lyon, INSA Lyon, Université Claude Bernard Lyon 1, Institut polytechnique de Grenoble, Supélec, Université Paris-Sud, Laboratoire Ampère (Lyon), CremHyg (Grenoble), G2ELab (Grenoble), Laboratoire des signaux et systèmes (Gif-sur-Yvette).

(2) Les 16 projets sont : ENR Pool, GreenLys, Millener, NiceGrid, Reflexe, Smart ZAE, Modelec, Omere-GE / Omere-Iperd, Venteea, Postes Intelligents, Smart Electric Lyon, Smart Grid Vendée, SoGrid, TBH Alliance, Mietec, Post.

(3) En Europe, 459 projets impliquant 47 pays ont été lancés depuis 2002, pour un investissement de 3,15 Mds€. Smart Grid Projects Outlook 2014, JRC Science and Policy Reports, Commission européenne.