Eolien offshore : Areva s’allie à GDF Suez, qui avale Maïa EolMer

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Tout s’accélère dans l’éolien offshore français, alors même que l’appel d’offres pour développer 3.000 MW n’est pas encore officiellement lancé ! Ils flirtaient ensemble, désormais leur alliance est officielle : les français Areva et GDF-Suez scellent un partenariat majeur et exclusif sur trois zones de l’appel d’offres en gestation. C’est un peu moins ambitieux que le rapprochement entre EDF Energies Nouvelles et Alstom sur l’ensemble des cinq zones, mais cette alliance polarise désormais fortement la compétition, tout en plaçant de très fortes barrières à l’entrée pour la concurrence étrangère.

Areva et GDF Suez enrôlent comme prévu Vinci, et pourraient encore accueillir un quatrième allié. De son côté, GDF Suez en profite pour renforcer fortement son portefeuille de projets, avec l’acquisition à 100% de Maïa EolMer. Une stratégie de croissance externe bien plus agressive que la politique de partenariats mise en place par EDF EN avec les développeurs Poweo Energies Renouvelables, WPD Offshore et Nass&Wind.

Trois zones exclusives

Les trois zones d’alliance sont Le Tréport (Seine-Maritime, Somme – 750 MW ouverts), Courseulles-sur-Mer (Calvados – 500 MW) et Fécamp (Seine-Maritime – 500 MW). Au final, ce sont près de 60% des 3.000 MW concernés par l’appel d’offres, soit un marché d’environ 6 milliards d’euros. Sur les deux autres zones en jeu, Saint-Brieuc (500 MW) et Saint-Nazaire (750 MW), chaque entreprise est libre de s’associer avec un autre partenaire. Vinci est par exemple positionné avec Alstom sur un site d’essais d’éoliennes en mer dans la région nantaise, à Fossoy.

La polarisation joue à plein : Areva et Alstom s’affrontent sur le plan industriel, GDF Suez et EDF EN sur le plan énergétique. Et sur les projets, la Compagnie du Vent et Maïa EolMer (filiales de GDF Suez) s’opposent aux travaux de EDF EN et de ses trois alliés Poweo, WPD Offshore et Nass&Wind.

GDF Suez avale Maïa

GDF Suez était déjà proche du groupe Maïa, via sa participation à 49% dans Maïa Eolis sur l’éolien terrestre. C’est donc naturellement que GDF Suez s’approprie des activités de sa société soeur, Maïa EolMer. Ce bureau d’études sur l’éolien offshore dispose de 5 projets offshore français en portefeuille, dont certains bien placés : zones de Courseulles-sur-Mer (projet Rhea) et Fécamp (projet Poseidon). Les détails de l’acquisition ne sont pas dévoilés. Étonnamment, Maïa EolMer possède également un projet dans la zone de Saint-Brieuc (Neptune) non concerné par le consortium avec Areva.

Sur la zone du Tréport, GDF-Suez détient un avantage comparatif important avec sa filiale La Compagnie du Vent, qui développe son projet des Deux-Côtes.

Bataille industrielle en cours

Areva et Alstom devraient mener une bataille de haut niveau sur le plan industriel. Areva présente des arguments très solides et met en avant son expérience allemande avec sa filiale Areva Wind (ex-Multibrid). Areva présente un carnet de commandes de 600 MW en Europe avec son éolienne de 5 MW.

Areva réfléchit à la construction de deux usines en France : l’une sur les nacelles et l’autre sur les pales. un modèle déjà développé outre-Rhin. Le groupe a déjà identifié trois ports dans l’Hexagone capables d’accueillir ses sites industriels : Dunkerque, Le Havre et Cherbourg. En face, la stratégie industrielle d’Alstom est plus floue, mais le français développera aussi des sites de production sur le territoire.

La concurrence a-t-elle une chance ?

Dans cette série d’alliances, reste Vinci. Le groupe est l’un des leaders mondiaux des concessions, de la construction et des grands projets d’infrastructures. Il a aussi développé un savoir-faire dans le montage de financements qu’il va mettre à disposition du consortium. Vinci mobilisera notamment sa filiale Vinci Concessions et sa branche Contracting (construction et énergies). Il y a quelques semaines, Areva et GDF Suez lorgaient les compétences offshore du danois Dong, spécialiste européen du développement de parcs en mer. Pour l’instant, rien de laisse encore présager d’un tel rapprochement.

Face à deux consortiums franco-français de taille, la concurrence va devoir faire preuve d’imagination, tant du côté des énergéticiens (E.ON, EDP Renovaveis…) que du côté des industriels (Siemens, Vestas…) et des autres développeurs (Enertrag, Vent d’Ouest…)

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