La cote des maisons en bois grimpe (étude)

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© Architecture F. Pélegrin - Photo Argentic & Numeric (Beneteau)

La maison en bois, et en particulier à ossature bois, dispose de fondations solides et le secteur devrait fortement croître dans les prochaines années. Même si le marché est encore confiné sous les 10% de mises en chantier pour les logements individuels, « la marge de progression à moyen terme, à défaut d’être colossale, reste prometteuse à son échelle, » estime ainsi la dernière étude du cabinet Xerfi : Le marché des maisons en bois à l’horizon 2015.

Les ventes dans l’Hexagone ont été tirées par plusieurs moteurs ces dernières années, et le marché devrait presque doubler entre 2010 et 2014, pour atteindre près de 22.500 maisons mises en chantier annuellement. Le secteur s’industrialise, animé par la volonté de baisser les coûts et de sortir de son statut de niche.

Des performances importantes

Sur la période 2000-2008, le marché a déjà été multiplié par 3, passant de 5.000 maisons construites par an, à 15.000 unités. Parallèlement, le chiffre d’affaires des entreprises impliquées dans le secteur enregistrait des taux de croissance importants, surtout entre 2004 et 2007, de 12,5 % en moyenne.

En 2008, le secteur a atteint un pic, suivi d’un retournement avec une chute de son chiffre d’affaires de près de 12% en 2009, note Xerfi. En 2010, si la croissance semble repartir doucement, le marché n’est pas revenu à son niveau de 2008 :  12.500 maisons environ ont été construites, selon l’étude.

Un marché en croissance structurelle

L’un des moteurs du marché est l’évolution du cadre réglementaire, de plus en plus favorable à l’éco-construction. La mise en place d’une réglementation thermique à partir de 2000, par exemple, puis son durcissement récurrent – RT 2005, RT 2012 – donne une visibilité aux acteurs pour investir dans la construction bas carbone, dont le bois fait partie.

L’évolution de l’environnement sociétal, avec le rêve de l’accession à la propriété avec jardin, si possible en campagne ou en zone périurbaine, accroît aussi la dynamique. Enfin, la montée des préoccupations environnementales chez les Français pousse aussi les maisons en bois, aux caractéristiques très écologiques, explique Xerfi.

Groupe Jacob

Industrialisation de la maison en bois

Élément nouveau ces dernières années, et qui sera sans doute déterminant à l’avenir : l’industrialisation du secteur. « Longtemps exercé par une pléthore de petites sociétés familiales et locales de charpenterie (…) le secteur de la réalisation, fabrication de composants et structures bois pour la construction connaît une phase lente de reconfiguration », souligne le cabinet. Les maisons, ou modules de maisons, sont de plus en plus fabriqués en atelier, puis transportés, assemblés et installés sur site.

Des acteurs d’envergure ont fait leur entrée sur le marché : Bénéteau, Moninvest et Gascogne en 2008, Millet en mai 2009. Chacun de ces industriels affiche des capacités de production annuelles supérieures à 500 unités. Cette évolution du marché relance parallèlement « une concurrence qui jusque-là faisait défaut et maintenait le secteur dans un certain immobilisme ». Et plusieurs acteurs se sont lancés récemment sur le marché : il s’agit soit de diversifications, comme Vilmor EnR, soit de créations d’entreprise, comme Case Home.

Les enjeux pour le bâtiment en bois sont aujourd’hui de construire moins cher, plus efficacement, tout en gardant une haute qualité environnementale.

Groupe Jacob

Des prix compétitifs pour démocratiser la maison en bois

Le prix moyen d’une maison à ossature bois (les trois quarts des réalisations) est encore de 10 à 20% plus élevé que celui d’une construction traditionnelle en briques ou en parpaings. Nombre de producteurs doivent faire évoluer leur modèle économique, en axant leur stratégie sur la réduction des coûts. Une politique déjà amorcée par des sociétés comme Ossabois, le groupe Jacob, ou encore Giro. Et si le marché était réservé initialement à un segment haut de gamme, et/ou collectif, il se développe aujourd’hui sur le segment des maisons individuels grand public.

Si la croissance du marché semble promise à un bel avenir, reste plusieurs points d’interrogation. Xerfi pointe du doigt les faiblesses de la commercialisation. Un « point noir » dû au manque de concentration et d’homogénéisation du secteur. Plus globalement, le marché pourrait se structurer entre des acteurs de dimension industrielle d’un côté, et des artisans de l’autre. Une dualité qui aura des incidences sur la configuration du paysage concurrentiel à moyen terme.

La filière bois dans son ensemble devrait néanmoins profiter de l’émergence d’un marché de masse de la construction bois. Des acteurs s’y préparent d’ailleurs, comme Moulinvest, qui vient de lever des fonds pour se développer.