L’autopartage entre particuliers, nouvelle forme de mobilité en expansion

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©Afap - Association Française sur l'Autopartage entre Particuliers

2010 est-il l’an 1 de l’autopartage entre particuliers en France ? Cette nouvelle forme d’écomobilité commence à se développer. A mi-chemin entre le covoiturage et la voiture en libre-service (l’autopartage commercial), cette pratique se veut simple à son origine : partager sa voiture personnelle avec ses amis, ses voisins, ses collègues ou ses proches, pour réaliser des trajets différents à des moments différents. La dynamique est accélérée par l’émergence de sites Internet communautaires comme Deways, Voiturelib’ ou encore Livop, pilotés par des sociétés qui proposent un service sécurisé clés en main.

Cette solution permet au propriétaire de gagner un peu d’argent en louant sa voiture, et à un conducteur sans véhicule de se déplacer à moindre frais, entre 30 et 50% moins cher qu’un service similaire chez un loueur. Et comme l’autopartage commercial, ce type de mobilité permet, à grande échelle, de réduire le nombre de voitures en circulation sur les routes, et donc les émissions de CO2.

La naissance d’une tendance ?

En France, le bureau d’études Adetec estime le nombre de personnes pratiquant l’autopartage entre particuliers entre 35.000 et 70.000, soit 4 à 8 fois plus d’abonnés que les services d’autopartage (données 2008-2009). Et ces adeptes représenteraient entre 10.000 et 20.000 véhicules partagés. En moyenne, chaque véhicule partagé est utilisé par 3 ménages et il est conduit par 3,5 conducteurs différents.

L’autopartage entre particuliers part du principe qu’une voiture personnelle reste plus des trois quarts de son temps stationnée et inactive, tout en représentant un coût annuel élevé pour son propriétaire. Cette forme de mobilité est aussi poussée par la grande proportion de ménages ou d’adultes sans voitures, estimés à 5 millions en France par l’Adetec. Des arguments qui laissent espérer un potentiel de développement élevé pour cette pratique.

Ce type d’autopartage se distingue des services de location de courte durée, gérés par une entreprise ou une association, et réservés à une communauté d’abonnés, explique l’Adetec dans son étude « L’autopartage dans la sphère privée », publiée fin 2009 et commandée par l’Ademe et le ministère de l’Environnement.

Des plateformes Internet créées cette année

Mais cette pratique, si elle est née de manière informelle entre des personnes se connaissant, tend à devenir plus commerciale grâce à l’émergence de sites Internet communautaires mettant en relation les particuliers entre eux. Derrière ces plateformes, créées pour la plupart ces douze derniers mois, un service organisé est proposé aux autopartageurs : petites annonces, réservation en ligne et système de géolocalisation, gestion sécurisée et centralisée des flux de paiement, gestion du contrat de location, des assurances et de la caution, suivi des prestations…

Deways, par exemple, est un site pionnier en France. Edité par la start-up parisienne City-M, créée en janvier dernier par deux étudiants, Cohen Gary et Alexandre Grandremy, le projet est né sur le campus de l’Essec à Cergy-Pontoise, et a été incubé dans cette école de commerce. La société se rémunère en prenant une commission sur les transactions réalisées sur sa plateforme.

Un boîtier électronique dans la voiture

Voiturelib’ fait également partie des pionniers, avec un concept et un modèle économique très proches de Deways. Né début 2010, le projet a débouché sur le lancement, au printemps, d’une plateforme web du même nom. Et si Deways a noué un partenariat avec la Macif, Voiturelib’ s’est tourné vers MMA pour chapeauter les questions d’assurance. Fondée par Paulin Dementhon, Voiturelib’ est basée à Marseille. La start-up est parallèlement partenaire du site Internet Covoiturage.fr.

Dernière illustration avec Livop, et son site Internet associé. La société installe préalablement dans la voiture du propriétaire un boîtier technologique embarqué équivalent à un système d’alarme. Le conducteur locataire peut ainsi ouvrir le véhicule sans les clefs grâce à une carte magnétique, et cela seulement durant le temps de la location. Cette box enregistre le nombre de kilomètres parcourus, le temps d’utilisation et la consommation de carburant, ce qui permet une facturation exacte en fonction de l’utilisation du véhicule. Livop a été créée en septembre dernier par Kieran Connolly.

A l’étranger aussi

Il n’y a pas qu’en France que ces services émergent : Relayrides existe aux Etats-Unis, Whipacar en Angleterre, ou encore Drivemycar Rentals en Australie. Cette tendance s’appuie notamment sur le concept de consommation collaborative (collaborative consumption) qui réinvente les modèles de consommation, de partage, de troque ou de location, le tout dans un esprit social et écologique. Un phénomène en pleine explosion.

Alexandre Simonnet