Les fonds d’investissement cleantech se fédèrent

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Nouveau signe du dynamisme du green business en France, un Club cleantech vient de voir le jour au sein de l’Association française des investisseurs en capital (Afic). Il rassemble une cinquantaine de membres. Entretien avec Sophie Paturle Guesnerot (Demeter Partners),  responsable du club avec Nicolas Chaudron (AGF Private Equity).

GreenUnivers : Pourquoi créer aujourd’hui un club cleantech au sein de l’Afic ?

Jusqu’à récemment, la communauté s’intéressant aux cleantech en France était constituée d’un petit groupe de pionniers. Mais depuis quelques mois, beaucoup de nouveaux entrants arrivent et les initiatives se multiplient. Le Grenelle de l’environnement a marqué un tournant et le cap vers la croissance verte est enclenché, comme dans tous les grands pays. Le gouvernement a mis en place un Comité stratégique des éco-industries (Cosei), le budget de l’Ademe a été considérablement augmenté, la réglementation évolue et favorise les marchés, notamment les énergies renouvelables et le bâtiment vert…

Le secteur est vaste : les filières matures, comme l’eau ou les déchets, constituent le socle, des filières existantes intègrent les technologies propres et connaissent une forte croissance, tel le bâtiment vert. Et enfin, de nouvelles filières apparaissent, par exemple les énergies renouvelables. Les entreprises ont besoin d’argent pour innover, se développer et il faut aussi des fonds pour mettre en place des infrastructures.

Nous sommes présents dans tous ces domaines et le nombre de fonds d’investissement actifs dans le secteur grimpe. On en compte aujourd’hui une trentaine, dont un noyau dur d’une dizaine de fonds spécialisés. Et ce nombre va continuer à croître, même si certains ne font qu’une ou deux opérations par an, car c’est l’un des rares secteurs en croissance. C’est donc le bon moment pour s’organiser et participer à l’éco-système qui se met en place. D’autant que dans d’autres pays, une communauté des investisseurs dans les cleantech est déjà structurée.

GU : que pouvez-vous apporter à la communauté des cleantech ?

Notre vocation est d’apporter des financements, mais aussi un accompagnement et un réseau aux entreprises avec une approche industrielle. Cela nous donne une forte compétence sectorielle. Nous pouvons témoigner des difficultés et des besoins sur le terrain. Par exemple, quand certains installations sont classées IPCE (Installations classées pour la protection de l’environnement), les procédures s’allongent et cela peut décourager les investisseurs. Nous sommes aussi actifs à l’international : nous investissons dans d’autres pays européens, parfois aux côtés de fonds étrangers : cela nous donne un regard sur ce qui se passe ailleurs qui est très utile pour les pouvoirs publics, les entreprises…  Il y a aujourd’hui l’ambition de construire des filières industrielles en France alors que nous avons beaucoup de retard par rapport à d’autres : nous pouvons apporter notre témoignage pour contribuer à un développement efficace pour créer de la valeur et des emplois.

GU : quelles seront les actions du club ?

Nous avons trois grands objectifs. D’abord être un lieu d’échange. Nous organisons notre première rencontre le 18 février, avec Michèle Pappalardo, Commissaire générale au développement durable (MEDDM), et Bettina Laville, membre de la Commission du « Grand Emprunt » autour du thème « Etudes Filières Vertes, Grand Emprunt ».  Nous serons aussi une source d’informations. Dans cette communauté naissante, on manque de repères : nous allons faire un suivi statistique du secteur et créer un baromètre trimestriel des levées de fonds (NDLR : avec GreenUnivers) dans le secteur, dont la première édition sera présentée en avril, lors du Cleantech Forum à Paris. Autre objectif : contribuer à fédérer l’éco-système des cleantech : PME, groupes industriels, pouvoirs publics, instituts de recherche, pôles de compétitivité… Enfin, nous voulons promouvoir le rôle des investisseurs dans le développement des cleantech. Pour cela, le club participera aux événements  clés et apportera une dimension internationale.

GU : Combien de membres espérez-vous regrouper ?

Nous comptons déjà une cinquantaine d’adhésions. Pour notre première année, nous ne visons pas plus : nous voulons constituer une vraie communauté où chacun sera actif, apportera sa contribution. C’est le nombre idéal pour atteindre cet objectif.