Recyclage de pneus : les ambitions mondiales du danois Genan

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A deux semaines de l’ouverture de la Conférence de Copenhague, gros plan sur des champions danois des cleantech. Le premier volet de notre série est consacré à Genan, spécialiste du recyclage des pneus.

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© Genan

De notre envoyée spéciale au Danemark, Annick Maroy

Le groupe danois Genan, spécialiste du recyclage de pneus, fort de 20 ans d’expérience, veut devenir un des leaders mondiaux du secteur : il vise 10% du marché mondial et va ouvrir, d’ici à huit ans, cinq sites aux Etats-Unis ainsi qu’une dizaine d’autres en Europe.

La société a ouvert sa première usine au Danemark en 1991. Elle traite aujourd’hui 85% des pneus usagés du pays et affiche désormais de grandes ambitions à l’international. Déjà implantée en Allemagne (Photo : usine de Dorsten), où elle retraite 34% des pneus usagés, Genan regarde désormais du côté des Etats-Unis, qui représentent à eux seuls 30% des 13,5 millions de tonnes de pneus mis au rebut chaque année dans le monde.

Cap sur les Etats-Unis

L’entreprise veut profiter du développement général du marché du recyclage aux Etats-Unis, qui pesait, en 2007, quelque 2% du PIB américain, d’après la National Solid Wastes Management Association, ainsi que du taux de réutilisation des pneus usagés, déjà supérieur à 89% en 2007, selon la dernière étude de la Rubber Manufacturers Association, de mai 2009.

Genan souhaite pour cela se doter de capacités de production sur le sol américain. Une première usine, dotée d’une capacité de retraitement de 65 000 tonnes, ouvrira ses portes à Houston, au Texas, courant 2011. Quatre autres usines devraient lui emboîter le pas dans les huit années à venir. Le marché américain n’est pas totalement inconnu de Genan, qui y commercialise ses produits finis grâce à sa filiale Genan Inc.

Objectif : 10% du marché mondial

En 2018, l’entreprise danoise souhaite détenir 10% du marché mondial du recyclage des pneus. Outre les usines américaines, dix autres seront construites, dont trois en Europe. Le coût total de l’opération est estimé à 795 millions d’euros, à raison de 53 millions d’euros par usine.

L’entreprise est aujourd’hui détenue à 52% par son fondateur, Bent. A. Nielsen, et PKA, un fonds de pension danois, qui a racheté 48% du capital en 2006. Rentable, Genan se dit en mesure d’auto-financer 2 à 3 de ses futures usines, et étudie différentes formes de financement complémentaire, sans exclure une introduction en Bourse.