Exosun, la start up qui suit le soleil, lève des fonds

Print Friendly, PDF & Email

trackers1Exosun, une société spécialisée dans le suivi solaire, vient de lever 4,5 millions d’euros auprès de Crédit Agricole Private Equity, via son Fonds commun de placement à risque Capenergie. Créée en 2007 à Martillac (Gironde), Exosun conçoit et réalise des centrales solaires photovoltaïques ou thermiques équipées d’un système de suivi solaire (ou tracking) inédit.

Exotrack, est un dispositif de suivi de la course du soleil, qui permet d’accroître la production d’une centrale solaire de 20 à 40%, selon la société, grâce à un système d’inclinaison et de rotation des panneaux :

suiveurs

Exosun se présente comme le seul fabricant de trackers solaires en France. Sa technologie a été expérimentée sur la technopole Bordeaux Montesquieu, siège de la start up, où une centrale pilote d’une puissance de 100 kWc sur 3 500 m2, gérée par EDF Energies Nouvelles, est expérimentée depuis octobre 2008.

126 trackers, équipés chacun de 6 m2 de panneaux photovoltaïques, sont actionnés par des moteurs selon deux axes, est-ouest et nord-sud, pour leur permettre d’être orientés à 90 degrés par rapport aux rayons du soleil pendant une très grande partie de la journée.

Les trackers d’Exosun vont équiper un projet beaucoup plus ambitieux : une centrale de 2 MW à Losse, dans les Landes, construite par EDF EN, qui devrait entrer en production en fin d’année. Cette installation pourrait ensuite être étendue et portée à une puissance de 84 MW si la technologie est satisfaisante.

Le dispositif reste cependant cher : environ 3 millions d’euros pour la première tranche de Losse, sur un investissement total de 13,3 millions.

La technologie des trackers solaires équipe aujourd’hui près du quart des grandes centrales solaires installées dans le monde, selon l’entreprise girondine.

Article précédentToits solaires : l’étonnant succès de CPC-Solabios
Article suivantLe développement durable, une affaire d’image et de coût

12 COMMENTS

  1. Le suivi à concentration par lentille de Fresnel permet d’utiliser 2000 fois moins de matériau photo-sensible. Comme il pollue considérablement c’est un gain immense.
    D’autre part le COSINUX de réception des rayons est optimisé le matin comme le soir alors que des rayons rasants ne produisent quasiment rien.
    Une société comme SOITEC à Bernin (Isère) a signé des fermes solaires en Californie pour plus de 300 MW. Une usine est en train d’être lancée pour produire les équipements à San Diego.
    L’Afrique du Sud est en train d’être équipée depuis Fribourg. D’autres commandes sont proches.
    Une petite version sur batterie est proposée aux ONG pour équipée la campagne d’Afrique.
    L’argument qu’il faudrait repeindre les trackers et pas les panneaux plans est amusant.
    Il faut se tenir au courant.

  2. Désolé, dans mon commentaire précédent, je me suis un peu trompé. Le coût de ces suiveurs s’établit à environ 1,5 €/Wc ce qui fait environ 3,75 € par Wc supplémentaire. Plus cher que les panneaux et en prenant un gain optimiste de 40 %. Au passage remarquons que ce prix de 1,5 €/Wc est un peu haut. Est-ce dû à la sophistication de la solution Exosun car avec du suivi passif, on devrait passer vers les 1-1,2 €/Wp pour ces quantités (exemple : UTRF-168-2 de Zoneworks supportant 2,2 kWc).
    Ce que je n’ai pas trop compris sur le site d’Exosun, est le fait qu’ils annoncent un gain de place pour arriver à 3,5 ha/MWc avec leur solution. Gain de place ? Si on prend des cellules poly-cristallines à 100 Wc/m² (je prend un peu large), orientées à 45° (30% de gain au sol) et qu’on se donne un double de place pour la maintenance, ça fait 10 000 x 0,7 x 2 = 1,4 ha/MWc ! Il est où le gain de place ? Car même si le suiveur augmente virtuellement la puissance crête de 40%, il prend plus de place à cause de ses deux axes qui augmentent la projection au sol. Et maintenant même avec du film mince, je pense qu’on doit être aux alentours de 3,5 ha/MWc en installation fixe. Peut-être un spécialiste de ces installations passera par là pour répondre à cette interrogation.

  3. Analyse convaincante.

    Je ne connaissais pas le prix moyen des suiveurs. Je rajouterai ces 3.5 €/Wc dans ma petite base de données.

    Au passage ma société a installé des onduleurs dans des installations de 30 kWc par unité suivie soit donc environ 250 m² qui bougent ! Et ils ont de gros problèmes mécaniques ! 🙂

    En plus avec les couches minces, les solutions genre Solyndra, sans parler des nano-technologies, la nécessité de se mettre pile en face de la lumière incidente va moins se faire sentir.

  4. La techno des trackers me semble être une fausse bonne idée.

    Pas moins cher que des panneaux solaires,ils apportent de la complexité : donc trop cher
    En effet, dans l’exemple de Losses le système permet de gagner (soyons large) 40% de 2 MWc (c’est le gain lié au tracker, fourchette : 20 à 40%), c’est à dire 800kwc. A quel prix ? 3M€. Le Watt crête supplémentaire (grâce au tracker) revient ainsi à 3.75€ . Le Wc solaire conventionnel vaut déjà moins de 4€ (devis pour installation de 126kwc).
    Si économiquement actuellement, tracker et cellules phohovoltaiques se valent en terme de prix d’achat, le cout d’utilisation des panneaux en plus ou des trackers ne sont pas comparables (et pas connus pour les trackers). Et là, point noir pour le tracker. Un des grands intérêts du solaire classique est l’absence de mécanique (donc maintenance extrêmement faible). Le tracker fait disparaître cette qualité primordiale du solaire conventionnel (sur 25 ans, il faut huiler les mécaniques, repeindre, prévenir l’oxydation …)

    A terme, le tracker sera beaucoup plus cher qu’un panneau solaire (à Watt crête équivalent)
    Il faut prendre du recul et essayer de résonner à long terme : qui du tracker ou du panneau solaire a le plus de potentiel de baisse de couts (par watt crête) ? La réponse est sans appel et en faveur du solaire. En effet, des révolutions technologiques sont à prévoir dans les panneaux photovoltaiques. En revanche, je n’imagine pas de révolution techno dans le domaine de la mécanique !
    (first solar parle d’un cout de 1000$/kWatt crête pour produire ses cellules photovoltaiques, je n’imagine pas une structure mobile supportant 10m² de panneaux, soit 1 kW à moins de 1000$ (= cout à court terme pour rester compétitif).

    Pour conclure et c’est mon point de vue perso, cette techno est à l’opposé de la notion de développement durable car dépassée économiquement au moment ou elle voit le jour, et non viable à terme.

    Seul avantage : le gain lié à l’espace. Lorsqu’il n’y aura plus de place sur terre pour de nouvelles installations, le tracker sera une solution de croissance. Mais cette hypothèse est-elle réaliste ? Au cas par cas, c’est possible (stations pétrolières offshore, par exemple).

Comments are closed.