Les grandes entreprises mondiales encore discrètes sur leur empreinte carbone

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Les grandes entreprises multiplient les rapports sur la responsabilité sociale et environnementale (RSE), mais elles restent souvent discrètes sur leur empreinte carbone, selon une étude réalisée par le cabinet d’audit et conseil KPMG auprès des 250 premières sociétés du classement du magazine Fortune (G250). Près de huit entreprises sur dix ont publié un rapport en 2008, contre seulement 50% en 2005. Les disparités sont très fortes entre les pays : neuf entreprises japonaises sur dix le font, deux mexicaines sur dix.

Les trois quarts de ces groupes affichent une stratégie de RSE avec des objectifs chiffrés. Et une proportion similaire reprend le cadre de la Global Responsability Initiative (GRI, un standard mondial de reporting des données sociales, environnementales…).

Le changement climatique est identifié comme l’un des sujets les plus importants en matière de RSE pour les entreprises. 57% évoquent le risque pour leur business lié au changement climatique. Dans le détail, le risque physique (forte variation des températures, inondations…) est jugé le plus important pour 44% des entreprises du G250, devant le risque réglementaire (se voir imposer des contraintes difficiles à appliquer par les Etats) et le risque de réputation (campagne hostile d’une ONG suite à un incident…). 

41% des sociétés ne mesurent cependant pas leur empreinte carbone, 48% le font mais en se limitant à leurs propres opérations sans tenir intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur. Par pays, les meilleures élèves sont les britanniques (les trois quarts mesurent leur empreinte carbone, voir graphique : cliquer pour agrandir), devant les japonaises et les suédoises. Les françaises s’en sortent bien : 62% des 100 plus grandes sociétés du pays mesurent leur empreinte carbone, dont 15% en intégrant toute la chaîne de valeur.  

Que font les entreprises pour réduire leur empreinte carbone ? 42% du G250 diminuent leur consommation d’énergie, 26% remplacent les énergies fossiles par des énergies renouvelables et 18% optent pour la compensation en achetant des crédits carbone, une pratique considérée comme un pis-aller par les défenseurs de l’environnement mais très appréciée par les entreprises, notamment américaines.

Parmi les autres sujets abordés dans les rapports de RSE, 92% des groupes dévoilent leur code de « corporate governance » ou d’éthique. Mais seules 59% évoquent les manquements. De même, presque toutes les entreprises citent leur code en matière de supply chain (relations avec les fournisseurs…), mais seule la moitié en donne les détails et la manière dont il est mis en place.

Les rapports audités par un expert externe sont de plus en plus nombreux : 40% bénéficient même d’une assurance, alors qu’un autre récent rapport de Deloitte sur les entreprises du SBF 120 affichait un score inférieur avec moins d’une entreprise sur trois seulement bénéficiant d’un contrôle des données externes.

Accéder à l’intégralité du rapport ici (en anglais).