Electrification : le gouvernement prépare de nouvelles mesures, sélectionne 109 territoires tests

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Les 100 territoires d’électrification, devenus 109, démarrent officiellement leur parcours. Le gouvernement a publié la cartographie des zones sélectionnées, consultable en bas de page, et va maintenant leur demander de détailler les axes de travail afin de pouvoir signer des feuilles de route début décembre. L’élection présidentielle de 2027 sera alors encore plus proche, mais « on doute fortement » que des mesures d’électrification puissent être contestées par le résultat des urnes, car elles représentent « un pari gagnant pour tous », industrie et consommateurs, veut croire le ministère de l’Energie.

Cibler les zones à faible consommation de gaz

Chaque territoire aura un référent à l’Ademe, l’agence s’étant signalée auprès du gouvernement au printemps pour participer à l’initiative. Le gouvernement veut aussi mettre à disposition au niveau national une cartographie des points de consommation de gaz ou de fioul sur les territoires. Outre un accompagnement pour le développement de la mobilité électrique et le déploiement de pompes à chaleur, le plan prévoit une suppression du réseau gazier dans certaines zones. « C’est le sujet le plus difficile de cette feuille de route », reconnaît le ministère de l’Energie, alors qu’une trentaine des territoires sélectionnés ont signalé vouloir y travailler.

Le sujet n’est pas complétement nouveau et le travail a déjà commencé à certains endroits. La réglementation européenne (paquet gaz) prévoit en effet un déclassement des réseaux gazier en cas de faible intérêt économique. « Il ne s’agit pas d’aller retirer le réseau là où il y a une forte production de biométhane ou des industries qui en dépendent et ne peuvent pas en sortir ; nous allons le faire où il y a des consommations éparses et où le passage à une pompe à chaleur ne pose aucun problème technique, au contraire de ce qu’ont pu affirmer assez longtemps les représentants du monde gazier », explique le ministère. L’idée est aussi de planifier la sortie pour éviter de se retrouver avec des consommateurs résiduels qui obligeraient à maintenir un réseau en place.

La hausse du tarif de réseau pour les consommateurs restants devrait être en partie compensée par les économies d’entretien réalisées sur les tranches de réseau supprimées car peu utilisées, détaille l’exécutif. Ce alors que le prix de la molécule a aussi augmenté à cause de la guerre au Moyen-Orient. Le prix repère publié par la Commission de régulation de l’énergie affiche une hausse de 6,3 % TTC au 1er octobre et monte à 182,88 €/MWh TTC.

Deuxième phase à venir

Le gouvernement annonce en parallèle qu’une deuxième phase du plan d’électrification sera lancée en octobre. Dans une interview au Parisien, la ministre de l’Energie, Maud Bregeon, évoque des mesures pour remplacer les chaudières à gaz, électrifier les flottes de bus et installer des bornes de recharge rapide publiques. Le tout financé, en partie, « en redéployant des crédits concernés à certaines aides coûteuses et peu efficaces ; nous en avons identifié une trentaine, comme celle pour des formations à la conduite économe », détaille la ministre au Parisien.

Ce n’est pas non plus la fin du travail de Maud Bregeon sur les CEE, principal instrument de financement de ce plan d’électrification et objet d’une mission confiée par le premier ministre avant l’été. Ils doivent mobiliser au total 10 Mds€, a priori assurés même en cas de difficulté à faire voter un budget. D’autres annonces sont à prévoir « dans les prochaines semaines », indique le ministère de l’Energie. Les résultats de l’appel à projets sur les offres de pompes à chaleur incluant leur financement devraient être annoncées la semaine prochaine. Le gouvernement veut aussi renchérir le raccordement au réseau gazier, toujours dans le but d’encourager l’électrification.

Dans sa communication sur la deuxième phase du dispositif, directement opposé aux intérêts du monde gazier, le gouvernement inclut aussi le lancement de la phase du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène. Lancée officiellement il y a quelques jours et repérée principalement par les spécialistes du secteur, elle sera dotée d’un budget de 1,2 Md€. 

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