
Dans son plan d’électrification, le gouvernement durcit les obligations et les incitations à sortir du gaz. Pour « Que choisir ensemble », ex-UFC Que Choisir, la stratégie de l’exécutif manque cependant de cohérence, indique l’association de consommateurs dans une étude publiée ce mercredi 29 avril et disponible en fin d’article. Notamment à l’égard des 5 millions de foyers qui seraient « captifs » du gaz, c’est-à-dire incapables de basculer vers l’électricité pour des raisons soit techniques, soit économiques, soit les deux.
Les habitants de logements collectifs avec chauffage individuel représentent environ la moitié de ces foyers captifs, selon les estimations de GRDF reprises par l’association. Pour eux, le passage à une pompe à chaleur (PaC) 100% électrique est jugé « impossible », quand bien même le gouvernement mise en particulier sur cet objet pour électrifier et décarboner le secteur du logement. Au point de retirer l’aide aux PaC hybrides, c’est-à-dire à l’électricité et au gaz. Elles sont pourtant moins sujettes à « certains freins techniques » qui renchérissent les coûts dans les logements collectifs, indique l’étude. Tandis que dans le logement individuel, même en déduisant les aides MaPrimeRénov’ et le soutien via les certificats d’économies d’énergie, très sollicités par le gouvernement, l’installation d’une PaC 100 %électrique resterait moins incitative que l’installation d’une chaudière à gaz, en raison des frais d’avancement de travaux, bien que le reste à charge soit au final plus faible, avance l’association.
Que Choisir Ensemble pointe également le problème du renchérissement du coût de l’infrastructure gazière pour les consommateurs de gaz. Car si le nombre de consommateurs diminue, l’infrastructure, elle, se maintient. Les derniers consommateurs subissent alors la double peine d’être moins nombreux à financer l’entretien de plus en plus coûteux de l’infrastructure, notamment avec l’insertion du biométhane.
Les recommandations de l’association
Pour toutes ces raisons, l’association recommande d’effectuer un travail de « planification de l’avenir du réseau gazier » en identifiant précisément les bâtiments qui peuvent être déconnectés, et de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs captifs en particulier. Pour cela, de réduire la charge fiscale en déduisant notamment la taxe carbone, flécher l’intégralité du produit de cette taxe – du Fonds social pour le climat lié au marché carbone – vers le soutien aux consommateurs, imaginer un bouclier tarifaire spécifique, supprimer les frais de débranchement au réseau de gaz – entre 400 € et 1 600 € – ou encore prioriser la rénovation d’ampleur des logements.
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