L’efficacité énergétique réduit-elle les émissions de CO2 ?

Print Friendly, PDF & Email
(c) Pixabay

Transports, bâtiments, industrie… Comment réduire encore les émissions de CO2 ? La question est posée alors que la France s’attend d’ores et déjà à rater son objectif fixé pour 2030. Pour faire mieux, doit-elle avant tout décarboner son mix de production d’énergie ou compter sur l’efficacité énergétique ? Une étude, à consulter ci-dessous, vient éclairer le sujet. Secteur par secteur, elle décrypte les déterminants qui ont permis jusqu’ici de réduire les émissions en France métropolitaine.

Des gains réduits à néant

Au total, dans l’Hexagone, les émissions de CO2 dues à la combustion d’énergie, corrigées des variations climatiques, ont ...

diminué de 19% entre 1990 et 2018, d’après cette étude réalisée par le Commissariat général au développement durable (CGDD). Et cela, malgré la croissance démographique et la hausse du PIB par habitant. Dans le secteur résidentiel, elles ont même chuté de 35% entre 2005 et 2018 (après avoir légèrement augmenté). Cette baisse dans le résidentiel provient « en grande partie » de la diminution du contenu carbone de l’énergie liée au développement des renouvelables. Les gains en efficacité énergétique des bâtiments n’ont en revanche guère contribué. Plus exactement, leurs effets ont été annulés par la hausse du nombre de logements et de leur surface moyenne.

Dans les transports, deuxième point noir du bilan climatique tricolore, les voitures ont gagné en efficacité énergétique, ce qui a permis de réduire les émissions, même si leur taux d’occupation – à la baisse – a joué en sens inverse. Au final, la tendance est tout de même mitigée, notamment ces dernières années. Les émissions de CO2 du transport de voyageurs ont d’abord grimpé de 19% entre 1990 et 2002, puis baissé de 9% entre 2002 et 2012, avant de se stabiliser. « L’incorporation de biocarburants depuis 2005 a par ailleurs contribué à la baisse des émissions depuis cette date », précise le CGDD.

Enfin, il y a le secteur dit « productif » (industrie, tertiaire et agriculture-pêche, hors transport). Les émissions y ont baissé de 21% entre 1990 et 2018, essentiellement depuis 2007. C’est principalement grâce au recul des sources les plus carbonées, ainsi qu’à une baisse de l’intensité énergétique. « La tertiarisation de l’économie, en partie imputable au remplacement d’une partie de la production domestique par des importations, y a toutefois également contribué. » Côté consommation d’énergie, la baisse dans l’industrie (-13%) a été compensée par les hausses du tertiaire (+48%) et de l’agriculture (+11%).

  • Découvrez ci-dessous l’étude complète du CGDD (ou ici en PDF)