Hydrogène : l’avenir de l’Europe est-il l’électrolyse à haute température ?

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Raffinerie Neste de Rotterdam (@Neste)

Un consortium européen se prépare à construire et à exploiter « le premier électrolyseur haute température à l’échelle de plusieurs mégawatts au monde ». L’installation sera située aux Pays-Bas et produira de l’hydrogène pour alimenter un procédé industriel. Le projet, coordonné par le CEA, implique le français Engie et des entreprises finlandaise, luxembourgeoise et allemande. Il vise à valider une technologie à haute température au rendement supérieur d’au moins ...

20% aux électrolyseurs classiques à basse température.

Un démonstrateur de 2,6 MW

Baptisé Multiplhy, ce projet va s’étaler de 2020 à 2024. Il est censé permettre à l’industrie européenne de se positionner sur l’électrolyse dite « SOEC », à l’heure où la filière H2 espère bénéficier du plan de relance  pour contrer la concurrence asiatique. Multiplhy a reçu le soutien de l’Union européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 avec une aide de 7 M€, pour un budget total de 9,8 M€.

Concrètement, il s’agit d’installer un électrolyseur de 2,6 MW capable de produire 60 kg d’hydrogène par heure. La spécificité de cette technologie « à haute température » est de produire l’hydrogène à partir d’eau sous forme de vapeur, au lieu d’une eau liquide dans un électrolyseur classique. Et d’améliorer en principe l’efficacité du processus, enjeu crucial dans une filière attendue sur la baisse de ses coûts de production.

Eolien et hydrogène

Le finlandais Neste est un fournisseur de carburants renouvelables. L’électrolyseur sera installé dans l’une de ses raffineries, à Rotterdam. Le site consomme aujourd’hui de l’hydrogène gris produit à partir de méthane fossile. Outre Engie et le CEA, le consortium comprend le fabricant allemand d’électrolyseurs et de piles à combustibles Sunfire, ainsi que le cabinet d’ingénierie luxembourgeois Paul Wurth.

A terme, l’objectif est de développer des électrolyseurs pouvant atteindre 100 MW. Pour l’instant, le projet consiste à faire fonctionner cette version de 2,6 MW pendant au moins 16 000 heures et à produire 960 tonnes d’hydrogène d’ici à la fin 2024. Ce qui ne permettra de couvrir que 1% des besoins actuels de la raffinerie.

L’implantation du projet aux Pays-Bas n’est pas anodine. Cet Etat s’intéresse de près à l’hydrogène. Le français McPhy y a décroché un contrat en début d’année pour une installation d’électrolyse de 20 MW, qui pourrait être étendue à 60 MW. Autre exemple, l’entreprise hollandaise Hygro travaille sur le projet Duwaal dans le nord-est du pays avec des partenaires tels que Toyota et Enercon. Cette initiative consiste à produire de l’hydrogène à partir d’éoliennes, notamment pour alimenter des camions. Des ambitions poursuivies aussi par Lhyfe en France et Deme en Belgique. Hygro a annoncé cette semaine le démarrage de la construction d’une éolienne de 4 MW couplée à un électrolyseur, installation censée être opérationnelle dans un an.