L’énergie solaire décarbone le mix électrique [France Territoire Solaire]

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(@Tecsol)

La bataille d’arguments est loin d’être finie sur l’intérêt en France des énergies renouvelables électriques. Une note du gestionnaire de réseau RTE parue en mars et consultable ci-dessous visait à démontrer que l’augmentation de la production éolienne ou solaire ne se fait pas au détriment du nucléaire et tire bel et bien les émissions de gaz à effet de serre vers le bas. Au tour de France Territoire Solaire de publier une étude sur le sujet. « Nous voyons que réapparaît l’affirmation selon laquelle les EnR électriques ne décarbonent rien. A titre d’exemple, le président de la CRE a fait une déclaration en ce sens lors de son audition en 2019 par la commission parlementaire présidée par Julien Aubert. Nous avons voulu démontrer que c’est inexact », explique Antoine Huard, président de France Territoire Solaire et directeur du développement de Générale du Solaire.

Exportations vers les pays voisins

A la différence du bilan établi par RTE, France Territoire Solaire examine l’impact CO2 des capacités solaires à venir, c’est-à-dire celles prévues pour la décennie 2020. L’exercice se focalise même sur les capacités photovoltaïques supplémentaires (12,5 GW) envisagées pour ...

suivre la trajectoire haute de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), soit 54 GW à la fin de la décennie. Les auteurs* évaluent que l’électricité correspondant à cette capacité ne remplacerait que partiellement l’énergie nucléaire (48%) et que le solde (52%, soit 7,4 TWh) viendrait se substituer à celle de centrales thermiques, par exemple à gaz ou à charbon. Mais attention et c’est là que l’étude devient subtile, ce remplacement se ferait avant tout grâce aux exportations vers les pays voisins, en l’occurrence à hauteur de 89%.

L’hypothèse est-elle audacieuse ? Elle est en tous cas basée sur le scénario « Sustainable transition » de l’association européenne des gestionnaires de réseau Entso-E, qui considère que les mix électriques limitrophes de la France, y compris celui de l’Allemagne, resteront en 2030 carbonés à hauteur de 40% au global. La priorité donnée sur les réseaux aux EnR continuerait donc à chasser de l’électricité fossile, même dans dix ans. « Nous n’avons pas retenu d’hypothèse « optimiste », comme une augmentation de la consommation d’électricité ou le renforcement des interconnexions. De ce point de vue, nous prenons la situation telle qu’elle est aujourd’hui », complète Antoine Huard.

Le solaire compatible avec la rénovation thermique massive

Mais cette étude répond-elle aux arguments principaux des détracteurs des EnR électriques tricolores, comme par exemple ceux de Jean-Marc Jancovici, co-fondateur de Carbone 4 et du think tank The shift project ? Cet expert affirme, entre autres, que le soutien coûteux aux EnR électriques serait mieux employé dans l’isolation et dans la généralisation des pompes à chaleur dans les bâtiments, notamment. Et que les capacités d’électricité renouvelable ne font que s’ajouter aux fossiles, sans rien remplacer ou alors à prix d’or. Ce à quoi Antoine Huard répond que « les centrales solaires ne coûteront plus grand chose à l’avenir et que le secteur solaire va même représenter un intérêt économique pour les finances publiques. Il faut regarder les contributions fiscales : de ce point de vue, le solaire rapportera plus qu’il ne coûtera, comme le montre l’étude d’EY et du Syndicat des énergies renouvelables. Quant au maintien de centrales thermiques, il reste inévitable pour le moment, avec ou sans EnR électriques. Mais la production globale se décarbone bel et bien”.

Il reste à savoir si l’étude prospective de France Territoire Solaire ajoutée au bilan de RTE sur la production réelle éteindront un débat devenu vif.

* L’étude a été réalisée par les cabinets Artelys et I Care & Consult

Consulter l’étude de France Territoire Solaire (ici en PDF) :

Consulter l’étude de RTE (ici en PDF) :