Les chantiers éoliens sont mis à l’arrêt

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WPD Onshore stoppe la construction de ses trois parcs, comme ici dans les Deux-Sévres (@WPD)

La construction des parcs éoliens s’arrête un peu partout en France. « Les prestataires et sous-traitants nous informent qu’ils ne vont plus pouvoir intervenir », constate Nicolas Wolff, directeur général de Boralex Europe. Avant la crise du coronavirus, Boralex avait commencé à faire sortir de terre trois parcs (de 15 MW, 14 MW et 11 MW) et lancé le renouvellement d’un autre à Cham Longe en Ardèche, sur 40 MW. « Nous avons décalé d’un mois le démontage des éoliennes. Pour les autres installations, des retards apparaissent dans la pose des fondations, entre autres. » Nicolas Wolff n’a pas encore pris la décision formelle d’arrêter les travaux mais estime être « de facto, amené à les arrêter très prochainement ».

« Que nos chantiers s’arrêtent proprement »

Le tempo est encore plus court chez WPD onshore France. « Nos trois chantiers, en Pays-de-Loire, dans les Deux-Sèvres et dans l’Aisne, sont à l’arrêt. Les sous-traitants, comme Bouygues ou Engie Ineo, ont réagi au passage en stade 3 et se mettent en retrait. L’essentiel est maintenant que nos chantiers s’arrêtent proprement », explique Ludovic Izzet, directeur de WPD Construction. Ce qui implique par exemple de mettre en ...

sécurité les matériels, de baliser les trous et les tranchées. Ce professionnel est justement en train de négocier à cette fin un devis avec une entreprise de terrassement. Mais ailleurs, les mesures à prendre sont plus imposantes. Ainsi, dans l’Aisne, dans un parc bien avancé de 11 machines Vestas de 3,6 MW, il va falloir démonter les grues et disposer au mieux les pales au sol, notamment. Le chantier stoppe en ce moment même. « Le maître d’ouvrage que nous sommes a une obligation de maintien de la sécurité », explique Ludovic Izzet ; une obligation qui recouvre les risques de contamination. 

Tournées de surveillance

Figer temporairement les tâches en cours pose d’autres problèmes. Si Ludovic Izzet ne craint pas de dégradations volontaires, car les projets ne rencontrent pas selon lui d’opposition de la part des riverains, il se méfie du vol de pièces, par exemple de tourets de câbles. En conséquence, il souhaite que le turbinier organise des tournées de surveillance, avec si possible un rapport tous les deux à trois jours, au pire hebdomadaire.

Les chantiers sont mis en suspens, mais aussi les questions que pose une situation sans précédent. « Qui va prendre en charge les surcoûts ? », s’interroge Ludovic Izzet, tout en précisant que les relations avec les sous-traitants sont apaisées. Que vont donner les discussions avec les turbiniers, sur des montants a priori importants ? Enfin, quel est l’impact sur le modèle économique, sachant que certains projets peuvent dépasser l’échéance de mise en service, fixée à trois ans ? Les décisions des pouvoirs publics, en la matière, sont attendues par WPD, Boralex et sans doute la plupart des entreprises du secteur.