L’usine franco-allemande de batteries pour VE sera inaugurée le 24 janvier

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© Saft

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a annoncé hier dans le Journal du Dimanche, que la future usine française de production de batteries pour véhicules électriques sera inaugurée par ses soins le 24 janvier prochain. Le ministre se montre particulièrement pro-actif sur ce dossier aux contours encore flous. L’ainformation fait suite au feu vert de la Commission européenne pour la constitution d’un « Airbus des batteries ».

Un projet plus politique qu’industriel

La future usine de batteries sera située dans la commune de Nersac (Charente), et sera mitoyenne de l’usine de Saft également implantée dans cette commune proche d’Angoulême. Elle devrait employer 200 personnes. La date d’inauguration semble d’autant plus surprenante que ...

la première usine du programme européen devait être construite en France en 2022 et la deuxième en Allemagne en 2024. Le site est présenté comme une usine-pilote, ce qui explique sans doute l’avancement du calendrier.

Mais pour l’instant ce dossier semble surtout trouver un soutien politique plus qu’industriel. Notamment du côté de Saft, propriété de Total, davantage spécialisé dans le stockage stationnaire, et qui ne souhaite pas communiquer pour l’instant. Il faut dire que la stratégie du groupe devient peu lisible. Interrogé l’année dernière sur ce projet, Patrick Pouyanné, PDG de Total, s’était montré catégorique : « L’Airbus du stockage ? Je ne monterai pas dedans, il va se crasher ! ». Un jugement sous forme de sentence, justifié à l’époque par « le trop grand retard pris en la matière face aux acteurs asiatiques ». Et de fait, Saft signait quelques mois plus tard un partenariat stratégique avec le chinois Tianneng Energy Technology (TET), confortant la position prise par le patron de la multinationale qui préfère miser plutôt sur les batteries solides. Total a d’ailleurs intégré en 2018 un consortium européen composé également de Solvay, Manz et Siemens pour travailler sur ces batteries de nouvelle génération. Son implication dans ce projet, très politique, est donc d’autant plus surprenante.

(c) Commission européenne

Les industriels français récemment mis en avant par Bruno Le Maire, notamment Peugeot et Saft, ne faisaient d’ailleurs pas partie des entreprises désignées par la Commission européenne en décembre dernier pour bénéficier des subventions publiques (3,2 Mds€). Les deux seuls français se trouvaient alors être Solvay et ACC. Pour rappel, l’Airbus des batteries a été considéré par Bruxelles comme un projet d’intérêt européen commun, autorisant des aides financières massives, pour que l’Europe se dote de ses propres capacités de production en perspective de l’électrification de son parc automobile. Reste à savoir si ces usines alimenteront bien les futurs véhicules européens. Elles devront pour cela être compétitives face à leurs concurrentes asiatiques, ce dont doutent certains spécialistes. A commencer par les principaux intéressés ?