Réputation, appel d’offres, repowering : les chantiers prioritaires pour FEE

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(Crédit : RES)

« Il nous faut rétablir des vérités, trop de fausses informations circulent en ce moment sur l’éolien », regrette Pauline Le Bertre, délégué générale de France énergie éolienne (FEE). L’association présentait hier son Observatoire annuel (consultable-ci dessous) réalisé avec CapGemini Invent, qui relève notamment que la filière procure désormais 18 200 emplois et est devenue le premier employeur dans le secteur des nouvelles énergies renouvelables. C’est l’un des arguments que compte employer FEE pour contrer “l’éolien bashing”. Lequel utilise ...

pour l’heure deux thématiques principales : les baisses de production de lait, voire la mortalité dans des élevages bovins proches des éoliennes, en particulier en Loire-Atlantique et les lacunes des promoteurs lors des démantèlements de parcs anciens.

Que vont devenir les fondations ? 

Le second sujet est sans doute plus facile à démentir. « Les organisations anti-éolien veulent faire peur aux agriculteurs en laissant croire que les industriels vont abandonner le « massif » de chaque éolienne (les fondations, NDLR), avec un coût de 600 000€ par fondation. D’une part ce coût ressort plutôt autour de 30 000 € et de l’autre les garanties de démantèlement sont prévues par la loi », détaille Charles Lhermitte, vice-président de FEE. Il reste quand même à savoir ce que vont devenir concrètement les lourdes fondations, car tous les propriétaires de parcs n’envisagent pas de les exhumer. Charles Lhermitte estime par ailleurs que la question des élevages est, pour un ou deux cas précis et médiatisés, plus difficile à élucider, en rappelant que les parcs concernés sont antérieurs de plusieurs années à la manifestation des dommages dans les cheptels.

Les riverains s’habituent bien

L’acceptabilité de l’éolien est devenue un sujet majeur, en France et dans les pays européens en général. En Allemagne bien entendu, mais pas seulement. Lors d’une conférence organisée le 8 octobre sur la transition énergétique par l’ambassade du Danemark à Paris, à l’occasion d’une visite royale danoise, Ida Auken, présidente de la Commission parlementaire danoise sur le climat et l’énergie, signalait que certains citoyens de ce pays pionnier ont l’impression d’être “dépassés” par les projets éoliens et que les opposants, s’ils ne représentent que 10% de la population, sont des plus véhéments. France Energie Eolienne fait le même constat, mais en rappelant dans son Observatoire que « par région, la perception de l’éolien chez les riverains (des parcs, NDLR) varie de 74% d’opinion positive dans les Hauts-de-France à 89% en Normandie » et « qu’une personne sur deux opposée à la construction d’un parc éolien change d’avis après sa réalisation » (page 87).

Quelle aide pour les parcs modernisés ?

La question du devenir des parcs éoliens, via une prolongation simple, un repowering ou au contraire un abandon, va devenir centrale. Plusieurs centaines de MW seront à renouveler à partir de 2020, précise FEE, sans pouvoir estimer combien feront l’objet d’une refonte. Le sujet, déjà évoqué dans une circulaire en 2018, figurera très vite à l’agenda des discussions avec la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC), qui commence à préparer le cadre du futur appel d’offres pluriannuel, à partir de mi-2020. Y aura-t-il une famille spéciale pour les projets déjà en service ? Lors de la conférence danoise sur l’éolien, Laurent Michel, Directeur général de l’énergie et du climat, a confirmé qu’il existerait un mécanisme de soutien pour ces projets. Mais en ajoutant que « les prix de l‘énergie devront être meilleur marché que pour les nouveaux projets ». La filière accueille cette idée avec circonspection et argumente que d’éventuelles compétitions dédiées risquent de réunir un volume peu conséquent, au moins au départ, ce qui ne contribuerait pas à tirer les prix vers le bas et donc le coût pour la collectivité.

Le secteur de l’éolien tricolore a bien d’autres idées pour la structuration du futur appel d’offres national et la rédaction de son cahier des charges. On retiendra celle de régionaliser les tarifs, pour rééquilibrer progressivement les implantations de fermes éoliennes dans l’Hexagone, aujourd’hui surtout au Nord, dans l’Est et dans les régions proches de l’Atlantique, plus ventées. « Nous souhaitons une composante régionale dans le futur appel d’offres, avec un mécanisme à définir, qui pourrait être une bonification, une note, une pondération », indique Pauline Le Bertre. Les développeurs solaires ont aussi essayé de faire passer cette suggestion aux pouvoirs publics, sans succès jusqu’à maintenant.

Consulter l’Observatoire de l’éolien de France Energie Eolienne (ici en PDF) :