Eolien Flottant : MHI Vestas prend la place de GE à Groix & Belle-Ile 

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(Crédit : Eolfi)

La société de projet du parc éolien flottant de Groix & Belle-Ile, portée par Eolfi, a profité de la visite officielle du couple royal danois à Paris pour signer un accord avec MHI Vestas pour la fourniture des turbines du futur parc breton. Le groupe remplace ainsi General Electric (GE), qui a décidé de ne plus assurer la fourniture des éoliennes de 6 MW. De son côté, le fonds d’investissement Meridiam a quitté le navire.

Des turbines plus puissantes

Le changement de fournisseur a été l’occasion de revoir à la hausse la capacité unitaire des machines installées sur les flotteurs de Naval Energies. La société de projet a opté pour ...

la V164 de MHI Vestas, d’une capacité de 9,5 MW, ce qui permet de réduire à 3 au lieu de 4 le nombre de plateformes à installer. « Nous avons profiter de cette opportunité pour nous rapprocher de la puissance des turbines actuellement commercialisées sur le marché. Celle de MHI Vestas représente à elle seule 20% du marché », se félicite Christophe Chabert, directeur développement Grand Ouest d’Eolfi.

Interrogé par GreenUnivers sur les adaptations à apporter au flotteur et les éventuelles économies d’échelle, Christophe Chabert indique : « Il y a des avantages et inconvénients qui au final s’équilibrent plutôt bien d’un point de vue économique. En effet, nous allons réduire le nombre d’opérations en mer, mais nous devons également redimensionner le flotteur de l’ordre de 10 à 15% ainsi que les ancrages. La bonne nouvelle est que le changement d’éolienne ne modifie pas fondamentalement les caractéristiques du projet, notamment parce que cette turbine est en réalité un modèle 8 MW que MHI Vestas a optimisé ».

Modification du capital et du calendrier

L’officialisation du choix du fournisseur éolien a l’avantage de débloquer une partie des financements publics, essentiellement les 83 M€ apportés par l’Ademe, dont une partie sous forme d’avances remboursables. Une ligne de financement qui devrait permettre d’annoncer la décision finale d’investissement du consortium mi-2020. Ce dernier a quelque peu évolué. Le fonds d’investissement Meridiam (7 Mds€ sous gestion), entré en 2017 dans le consortium, est discrètement sorti au début de l’année, Eolfi acceptant de racheter ses parts évaluées à l’époque à « plusieurs dizaines de millions d’euros ». De fait les trois actionnaires de la société de projet du parc éolien flottant de Groix & Belle-Ile sont désormais le chinois China General Nuclear Europe (45%), Eolfi (30%) et la CDC (25%).

Logiquement retardé par la sélection d’un nouveau fournisseur, le consortium estime désormais la mise en service du parc à 2022 au lieu de 2021. « Le décalage impliquait une installation des éoliennes en plein hiver, ce qui n’était pas la meilleure option. Nous avons donc décidé d’attendre le printemps 2022 », justifie Christophe Chabert.

Parcs éoliens flottants cherchent turbiniers

La situation d’Eolfi et de ses partenaires n’a, en l’espèce, rien d’exceptionnel. C’est même plutôt l’inverse. Sur les quatre projets pilote français de fermes éoliennes flottantes, seul celui d’EDF (Provence Grand Large) semble à l’abri avec les turbines 8 MW de Siemens Gamesa. Les trois autres doivent composer avec un fournisseur défaillant. Eolfi donc avec General Electric qui ne souhaite plus honorer ses commandes sur les éoliennes de 6 MW, mais aussi les projets du Golfe du Lion (Engie Green, EDPR, CDC) et Gruissan Eolmed (Ideol, Quadran Energies Marines) qui ont quant à eux désigné la compagnie allemande Senvion. Or, cette dernière se trouve dans une situation de faillite qui ne lui permet plus d’assurer la fourniture de ses machines. « Nous développons un plan B naturellement. Nous espérons annoncer notre nouveau partenaire dans les prochaines semaines », confirme Olivier Guiraud, directeur général de Quadran Energies Marines. Lui aussi estime que son projet sera sans doute décalé d’environ 6 mois. Interrogé par GreenUnivers, Engie Green aussi confirme aussi avoir « anticipé différentes options dès l’apparition des craintes concernant Senvion », et précise que « ce travail est en cours de finalisation ».

Cette quête d’un nouveau turbinier s’exerce dans des conditions de marché bien différentes de celles en vigueur lors de l’attribution de ces fermes pilote, car le marché s’est extrêmement concentré depuis. « Les négociations sont difficiles car les turbiniers survivants sont désormais en position de force. De fait, les développeurs sont obligés de regarder du côté des entreprises chinoises qui commencent à avoir un track record satisfaisant sur les 6 MW et des prix bien moins élevés, même s’il est délicat pour eux de se tourner tout de suite vers des produits asiatiques étant donné les subventions européennes », confie un fin connaisseur du secteur.