L’autonomie énergétique des ZNI plus incertaine que prévue [Etude]

Print Friendly, PDF & Email
Une centrale solaire d’1,5 MW d’Akuo Energy à la Réunion. (Crédit : Akuo)

La France va-t-elle devoir reporter un autre de ses objectifs de transition énergétique ? Oui, à en croire l’Ademe. Le projet de loi énergie-climat, en cours d’examen à l’Assemblée nationale, doit déjà décaler de 10 ans la cible de 50% de nucléaire. D’après l’Ademe, un autre objectif fixé en 2015 par la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) pourrait s’avérer inatteignable.

Cette loi prévoit en effet ...

l’autonomie énergétique des départements et régions d’outre-mer à l’horizon 2030, un objectif « beaucoup plus ambitieux que ceux de la métropole ou même de l’Europe continentale », juge l’Ademe dans une note publiée aujourd’hui (à lire ci-dessous). En particulier sur le plan électrique. L’agence a cherché à évaluer « les implications techniques, organisationnelles et économiques qu’aurait un mix électrique très fortement renouvelable dans les territoires non interconnectés ». Elle dévoile ce 5 juin les conclusions pour la Martinique et la Guadeloupe, après avoir présenté en avril celles pour La Réunion (et en attendant Mayotte, la Guyane et la Corse).

S’assurer de la stabilité électrique

Le résultat est sans ambiguïté : « moyennant un recours significatif à des capacités de stockage, un mix électrique 100% EnR est possible à la Réunion, en Guadeloupe et en Martinique tout en satisfaisant à chaque instant l’équilibre offre-demande au pas horaire. L’échéance de 2030 est toutefois trop proche au vu des rythmes de développement des EnR qui seraient nécessaires pour y parvenir ».

L’Ademe ne dit pas formellement qu’il faut reporter l’objectif d’autonomie énergétique des ZNI. Elle ne dit pas non plus, le cas échéant, à quelle échéance il faudrait le faire. Elle étudie plutôt à quoi devrait ressembler les systèmes énergétiques dans ces territoires contraints pour fournir une électricité 100% renouvelable en 2030. Et elle constate l’écart avec la tendance actuelle. A titre d’exemple, elle prend le cas de La Réunion. Pour atteindre l’autonomie énergétique de l’île tel que le prévoit la LTECV, il faudrait déployer « environ 1 000 MW photovoltaïques en 15 ans, alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie en cours porte un objectif de 120 MW supplémentaires pour 2023 ». Un rythme trop lent.

Pour le reste, l’Ademe analyse surtout à quoi ressemblerait un mix 100% EnR en 2030 dans ces territoires. Elle recommande d’approfondir les études, notamment sur la stabilité du système électrique. Mais elle fournit des premiers éléments. Les mix de production comprendraient en proportions significatives des sources variables : entre 35% et 53% de la production d’électricité en Guadeloupe et à La Réunion ; entre 58% et 73% à la Martinique. Des moyens de stockage seront donc nécessaires en complément, davantage en Martinique et à La Réunion qu’en Guadeloupe, en raison notamment de ses moyens de production géothermiques. Quoi qu’il en soit, calcule l’Ademe, « l’augmentation du taux d’EnR dans les mix énergétiques s’accompagne d’une baisse des coûts de l’énergie produite ».

  • Découvrez ci-dessous l’étude de l’Ademe (ou ici en PDF)