Un projet solaire de 87,5 MW en construction sur une ancienne base de l’Otan

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(Crédit : Armée de l’Air)

Le plan d’accélération « Place au soleil » du 28 juin 2018 est loin d’avoir produit tous ses effets, comme le suggère le peu d’installations solaires mises en service au premier trimestre de cette année. Mais sans doute faut-il du temps. Parmi les pistes réservées pour le décollage du plan solaire, le ministère des Armées s’est engagé en juin 2018 à mettre à disposition plus de 2 000 hectares de terrains avant 2025 pour développer des projets. Ces sites propices sont notamment les aérodromes désaffectés, où des projets commencent de fait à sortir de terre. Mais il faut être patient, parfois pendant 10 ans. Ainsi du projet de 87,5 MW développé dans les Hauts-de-France par ...

Dhamma Energy, initié dès 2008 et donc bien avant Place au Soleil, Dhamma Energy étant pour sa part arrivé en 2010.

5 unités de 17 MW

Le parc entrera en construction dans les prochaines semaines. Son promoteur l’a présenté lors de la conférence de l’Institut Walden le 23 mai, consacrée aux enjeux du foncier. Il est situé sur un terrain d’aviation désaffecté de l’Otan, entre Athies-sous-Laon et Samoussy, dans l’Aisne. Très utilisé par la Luftwaffe et lourdement bombardé pendant la seconde guerre mondiale, il a ensuite été réaménagé par l’Otan en 1952 puis abandonné en 1967. Ses deux pistes sont aujourd’hui bordées de terrains agricoles.

La centrale de Dhamma Energie sera composée de cinq unités de 17 MW distantes d’au moins 500 mètres. Le long développement du dossier s’est entre autres heurté à la sécurité, du fait des bombes et mines enterrées. Décision a été prise par l’Armée de laisser les terrains en l’état, ce qui se traduit pour le développeur par l’installation de semelles en béton plutôt que de pieux, potentiellement dangereux. Le sujet de la propriété des terrains n’a pour sa part été réglé qu’en 2017, les communes riveraines (désormais la communauté d’agglomération du Pays de Laon) étant cette année là devenues propriétaires des sols. Cela dit, des permis de construire avaient déjà été obtenus en 2014, souligne Philippe Esposito, président de Dhamma Energy, une anticipation qui a permis d’aller ensuite vite pour présenter les projets aux appels d’offres publics. Trois centrales (51 MW) ont été lauréates de l’appel d’offres « CRE4 » au sol en février 2018 et les deux autres (36,5 MW), en août 2018. La puissance proposée en fait, semble-t-il, le premier parc des Hauts de France et l’un des 10 premiers français.

Un financement participatif important

La dette long terme du projet sera apportée par la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEPAC). Mais ce projet prévoit aussi un financement participatif d’envergure, de 800 000€, lancé en juillet par Lendosphere et logé dans l’une des deux sociétés de projets, laquelle réunit les trois premières centrales attributaires du complément de rémunération.

Dhamma Energy n’en est pas à sa première réalisation sur un aérodrome, abandonné ou en service. En juin 2018, ce développeur a inauguré un projet de 12 MW sur l’aérodrome d’Aubenas-Ardèche méridionale, près de la commune de Lanas, co-développé avec Urbasolar, équipé de trackers articulés sur un axe est-ouest pour ne pas éblouir les pilotes.