Le riche italien ERG tisse sa toile en France, dans l’éolien pour l’instant

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(Crédit Epuron)

ERG s’approche de son objectif de 500 MW de capacité éolienne installée dans l’Hexagone, fixé pour 2022-2023. Le groupe italien, une ancienne compagnie pétrolière de Gênes en grande partie reconvertie dans l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire vient d’acquérir 6 parcs éoliens dans les Hauts-de-France, pour 52 MW en tout, auprès du fonds de pension suisse Profond qui se sépare ainsi de son dernier actif éolien en France.

ERG et Profond se connaissent bien ; l’énergéticien ...

exploitait les parcs de l’investisseur suisse depuis 10 ans et par ailleurs détient des fermes voisines. D’où l’intérêt de chercher à optimiser la gestion des sites, d’autant que les technologies sont les mêmes. De premières études sur un éventuel repowering vont être entamées, mais sans caractère d’urgence : “les performances restent satisfaisantes”, estime Nicola Riccardi, directeur du développement en France. L’opération porte les actifs tricolores installés et détenus à 360 MW. Le montant de l’opération ressort à 52 M€.

Repowering généralisé en Italie, greenfield partout ailleurs

ERG annonce un pipe en France de 750 MW, apporté par le développeur Epuron, repris l’an dernier et en voie de transformation. « La France est un pays prioritaire pour notre groupe », affirme Nicola Riccardi. Pour l’instant, ce sera surtout dans l’éolien, l’hydroélectricité proposant des projets en général trop petits et onéreux, aux yeux d’ERG. Le solaire n’est pas écarté, comme le montre la croissance globale du groupe dans cette énergie (141 MW) mais viendra plus tard. De ce côté-ci des Alpes, après avoir mis en service au début de l’année deux fermes sur 31 MW au total, ERG prévoit deux à trois projets éoliens autorisés cette année, avec une entrée en service en 2021.

Doté d’un trésor de guerre de 1 Md€ issu des ventes progressives de ses actifs oil&gas (la participation dans la coentreprise de raffinage et distribution TotalERG a été cédée fin 2017), ERG va continuer à investir lourdement en Europe (300 M€ dans l’Hexagone), sans se presser mais avec régularité. La dernière acquisition se situe en Irlande du Nord, sur un parc éolien de 25 MW à construire, racheté à RES. Le deal succède à une autre opération en Allemagne en janvier, de même gabarit. On notera que cette activité greenfield contraste vivement avec celle désormais quasi uniquement brownfield exercée en Italie. Laquelle est tournée désormais vers le repowering massif des 1 000 MW éoliens exploités depuis longtemps (la moitié date du début des années 2000), sur des sites anciens par nature bien exposés. Pour mieux répartir l’activité globale, les nouveaux projets d’ERG se feront surtout hors l’Italie, sur un continent où il tisse petit à petit sa toile. Il vient de dépasser la barre des 3 GW, dont 1,8 GW éolien et 527 MW hydro. Le groupe conserve de son passé fossile une production au gaz, sur 480 MW.