Biométhane : comment trouver 2 Mds€ en cinq ans

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Méthanisation agricole. (Crédit : club biogaz ATEE)

Dans la filière biométhane, les besoins en financement dans les prochaines années vont être « importants », prévient Enea dans une nouvelle étude. Le cabinet de conseil les chiffre entre 1 et 2 milliards d’euros d’ici à 2023, et entre 10 et 12 milliards d’euros d’ici à 2030 pour atteindre les objectifs fixés par la loi sur la transition énergétique. « Une occasion pour de nouveaux types d’investisseurs comme les fonds d’investissement privés ou les fonds d’infrastructures de ...

s’impliquer dans l’émergence de la filière », estime-t-il.

Aujourd’hui, c’est la dette bancaire qui couvre la plus grande part des besoins : 55 à 75% du financement des projets de production de biométhane. Le solde provient pour 15 à 30% de subventions et, pour 10 à 30%, de fonds propres.

Un fonds de garantie

A court terme, les auteurs de l’étude ont envisagé deux variantes : un scénario tendanciel et la trajectoire prévue par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Dans le scénario tendanciel, le besoin est évalué à 0,9 milliard d’euros en cinq ans. Cette somme se décomposerait en 0,5 milliard pour les projets industriels territoriaux, 0,2 milliard pour les unités agricoles territoriales et 0,2 milliard pour les installations agricoles autonomes.

Dans le cas de la PPE, la somme grimperait à 2,2 milliards d’euros sur cinq ans. En l’occurrence : 1,3 milliard pour les projets industriels, 0,5 milliard pour les unités agricoles territoriales et 0,4 milliard pour celles autonomes. Mais la filière biogaz pâtit encore des « débuts difficiles » des premières installations de cogénération. Les financeurs, « notamment les banques », ont accru leurs exigences. Pour y remédier, Enea défend la création d’un fonds de garantie, à l’image de Geodeep pour la géothermie.

Les fonds d’infrastructures

Le cabinet suggère aussi de mobiliser de nouveaux acteurs. Par exemple, en faisant participer les fournisseurs de substrat aux capitaux propres des projets afin de « sécuriser les intrants et favoriser l’émergence de sites territoriaux ». Ou bien les collectivités locales, via la mise en place de fonds d’investissement publics-privés à l’échelle locale, sur le modèle du fonds Terra Energies en Nouvelle Aquitaine. « Les fonds d’infrastructures pourraient s’impliquer davantage dans les projets de méthanisation », ajoute-t-il. « Au-delà des capitaux apportés, leur expérience dans la gestion d’actifs de long terme pourrait accélérer la professionnalisation de la filière. »

Le financement participatif ?

La principale difficulté tient à la nature des projets. Les financements sont généralement répartis sur de nombreuses installations hétérogènes et de petites capacités. Leur taille ? « Trop réduite au regard des tickets de financement habituels des fonds. » Enea propose donc d’étudier la faisabilité d’une mutualisation des projets « via une standardisation accrue, afin d’augmenter le montant total d’investissement et atteindre des tickets de financement suffisamment élevés ».

Un jour, le financement citoyen participatif pourra sans doute jouer un rôle, comme dans l’éolien et le solaire, mais « à plus long terme, une fois la filière structurée ». Car, même si l’injection de biométhane va continuer à se développer en France en 2018, le secteur n’a pas encore atteint sa pleine maturité jusqu’à présent.

60 à 165 M€ pour les stations GNV

Le développement des stations GNV permettra-t-il d’accélérer celui du biométhane ? Il représente en tout cas, selon Enea, une autre opportunité d’investissement pour les fonds d’infrastructures. D’ici à 2025, le cabinet évalue le besoin de financement dans les stations GNV à 60 millions d’euros dans le scénario du gouvernement, et 165 millions pour le scénario plus volontariste de l’association française du GNV, l’AFGNV.

  • Consultez ci-dessous l’étude d’Enea Consulting (ou ici en PDF)