Luciole veut faire de la consommation d’énergie un sujet de société

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En 1975, le cinéaste Pier Paolo Pasolini a publié un texte devenu célèbre sur la disparition des lucioles, symbole de la fin d’un monde. C’est peut-être pour aider à l’émergence du nouveau que se crée aujourd’hui le collectif Luciole. L’acronyme, plus ou moins poétique, signifie L’Union pour une Consommation Intelligente, Optimisée de l’Energie.

L’association est fondée par cinq acteurs* des services énergétiques, depuis le courtage en fourniture d’énergie jusqu’à la récupération d’énergie fatale (par exemple, les radiateurs numériques de Qarnot Computing), en passant par l’effacement, la flexibilité, les certificats d’énergie et l’exploitation de la data. Leurs activités respectives sont plus complémentaires que concurrentes mais Luciole affirme être ouverte à tous et souhaiter attirer le plus d’acteurs possible.

Pédagogie et lobbying

Sa vocation ? « Nous voulons ouvrir le débat de la transformation du secteur énergétique auprès du grand public et des pouvoirs publics », formule Natacha Hakwik, cofondatrice d’Eqinov, opérateur de services énergétiques, en particulier de flexibilité et d’effacement de consommation.

Luciole veut notamment ...

contribuer à la vulgarisation de sujets encore obscurs pour les citoyens et leurs élus, en particulier l’autoconsommation, la gestion des économies d’énergie, l’effacement, la confidentialité des données énergétiques, le stockage, etc. En n’hésitant pas à défricher des sujets techniques mais demain importants, comme l’articulation entre l’effacement diffus et l’autoconsommation : « comptabiliser un volume effacé par un autoconsommateur est difficile, car nous avons peu de visibilité sur son comportement, au moins pour l’instant », explique Natacha Hakwik.

Un vide à combler

Plus globalement, les cinq fondateurs estiment indispensable d’attirer l’attention des consommateurs et des pouvoirs publics sur l’innovation dans l’énergie et de susciter de l’intérêt pour le sujet. Ce qu’aucun organisme professionnel ne ferait aujourd’hui, selon eux. « Les représentants des filières défendent des idées, surtout autour de la production et de la fourniture d’énergie, mais aucun espace n’existe pour faire vivre ce sujet majeur qu’est la nouvelle façon de consommer l’énergie », estime Natacha Hakwik.

Pour ce faire, Luciole va suivre deux pistes principales : d’une part communiquer le plus intensément possible, en particulier sur les réseaux sociaux, de l’autre organiser un lobbying structuré en direction des parlementaires, des ministères concernés et d’instances clés comme le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) : « nous souhaitons intégrer le CSE, car la consommation d’énergie y est mal représentée », annonce Natacha Hakwik. Le collectif compte aussi rejoindre le futur Comité prospectif annoncé hier par Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie. Dédié aux conséquences sociétales des innovations dans l’énergie, son esprit n’est pas complètement éloigné des préoccupations de Luciole.

*Paul Benoit (Qarnot Computing), Vincent Bryant (Deepki), Natacha Hakwik (Eqinov), Julien Tedde (Opera Energie) et Audrey Zermati (groupe Effy)