[Exclusif] RGreen Invest lance une obligation verte cotée, sur le segment mezzanine

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argent vert

Le fonds commun de titrisation InfraGreen 2 de RGreen Invest poursuit son bonhomme de chemin. Créé en mai 2015 avec une capacité de 46 M€, il se dote d’un deuxième compartiment, en l’occurrence une obligation qui sera cotée sur Euronext Paris à partir du 16 février prochain. Elle est souscrite pour l’heure par ...

Prépar-Vie (la société d’assurance vie de la Bred) à hauteur de 20 M€, un autre assureur étant annoncé pour 10 M€. Cette cotation inédite d’un fonds commun de titrisation correspond, entre autres, à un souhait de liquidité de la part du premier souscripteur.

Des taux entre 6,5% et 12%

RGreen Invest fait partie de ce cercle restreint d’investisseurs qui se consacrent à 100% aux énergies nouvelles. Et c’est un pionnier, avec 123Venture notamment – d’une offre émergente dans le financement des EnR, celle de la dette mezzanine. Un outil qui s’insère entre les fonds propres et la dette bancaire et est de plus en plus souvent logé dans une holding de sociétés de projets. Le développeur dégage ainsi des fonds pour d’autres aventures mais il peut aussi perdre les clés des projets sous mezzanine si les remboursements ne sont pas au rendez-vous… Les taux demandés sur cette dette dite junior s’étagent quand même, selon RGreen, entre 6,5% et 12%, ce qui n’est vraiment pas très loin de l’equity – entre 7 et 16% dans les EnR, selon la société.

RGreen vise pour sa part un TRI (taux de retour sur investissement) global de 7%. Et veut avant tout sécuriser au maximum ses prêts. Pour illustrer cette profession de foi, la société donne l’exemple réel d’un parc éolien de 6 MW investi à hauteur de 10 M€ dont 8 M€ en dette. Le propriétaire souhaitait se refinancer avec de la dette junior. Pour formuler son offre, RGreen a retenu un « productible » en P75 (75% de chances de produire pendant 2550 heures) et non en P50 (50 % de chances de produire pendant 2730 heures). Le prêteur a aussi validé de près les charges opérationnelles et financières et retenu une hypothèse « prix du marché » pour la valorisation du projet, soit 3,5 M€ pour ce parc.

Quinze projets financés

Côté finances, RGreen signale accorder une attention soutenue aux clauses bancaires et écarte notamment les cash sweeps, car ils prévoient que l’éventuelle production excédentaire servira à rembourser la banque par anticipation, ce qui n’est pas une très bonne perspective pour un « mezzanner », éventuel futur propriétaire. Selon RGreen, sa prudence n’a pas pour le moment été prise en défaut : « Depuis le premier fonds InfraGreen, nous avons financé 15 projets et travaillé avec une dizaine de producteurs ; aucune défaillance n’a été constatée », annonce Nicolas Rochon, président de RGreen.

Le scope de l’obligation cotée du fonds InfraGreen 2 reprend celui des précédents véhicules : 40% solaire, 40% éolien et 20% biomasse et hydroélectricité. Les projets financés seront à construire et non pas à développer, un risque que RGreen Invest exclut catégoriquement de souscrire. Apparemment, cette restriction majeure n’est pas un handicap pour l’avenir : « L’arrivée des mécanismes de marché et l’orientation à terme vers les tarifs libres va accroitre la demande en fonds propres et réduire celle de la dette senior. La dette mezzanine devrait occuper une place de plus importante dans le financement des projets », estime Nicolas Rochon.

Objectif :  150 M€

InfraGreen 2 est un fonds commun de titrisation (FCT) d’abord géré par France Titrisation, filiale de BNP Paribas, puis par RGreen Invest, devenue société de gestion agréée par l’AMF. Il propose des obligations privées à taux fixe, amortissables d’une manière progressive, sur huit ans. Les premiers bailleurs de fonds en mai 2015 étaient quatre caisses de retraite et mutuelles d’assurance. Le fonds vise un volume de 150 M€ au total, sur ses deux compartiments. A l’heure actuelle, le fonds InfraGreen II a financé 5 projets pour 26 M€.

Ce véhicule a succédé au FCPI InfraGreen 1, doté de 62 M€ et investi dans douze projets.