Le futur réseau de stations hydrogène français se précise

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hydrogene-transition-energetique-300x200Il devrait y avoir du neuf cette année, en France, dans l’hydrogène. D’une part parce que le pays va transposer la directive européenne sur les carburants alternatifs et donc définir des objectifs nationaux pour la filière hydrogène, laquelle est aussi évoquée dans l’article 121 de la loi pour la transition énergétique. De l’autre, parce que dans le cadre du plan Mobilité écologique de la Nouvelle France Industrielle, un appel à projets devrait être lancé dans les mois qui viennent à destination des collectivités territoriales et des industriels pour favoriser et délimiter des « écosystèmes » favorables à cette filière.

Produire de l’hydrogène décarboné

« L’idée est de produire localement de l’hydrogène décarboné, à partir de centrales solaires ou éoliennes par exemple et de tester différents usages dans l’industrie et le transport. C’est sans doute dans ce cadre que pourrait émerger une infrastructure de recharge de véhicules à hydrogène », explique un représentant de la Direction générale énergie climat (DGEC), au ministère de l’Ecologie.

Comme ...

l’a signalé Environnement Magazine, le lancement de ce futur appel a été évoqué lors des journées Hyvolution, les 4 et 5 février, par Florence Lambert, directrice du CEA Liten et co-pilote du Plan Mobilité écologique, lequel est l’une des neuf « Solutions industrielles » rescapées de l’initiative gouvernementale Nouvelle France Industrielle de 2012. Ce plan porte entre autres sur le développement des installations de stockage d’énergie et sur l’hydrogène et réserve une place importante à la question du réseau d’alimentation des véhicules.   « L’enjeu prioritaire est le déploiement d’une infrastructure hydrogène » a ainsi déclaré Florence Lambert.

Chasse aux financements

Pour l’instant et comme le précise la DGEC, une feuille de route a été rédigée par les industriels de la filière – Air Liquide, les constructeurs automobiles… – qui prévoit 100 stations de recharge hydrogène et 1 000 véhicules hydrogène d’ici 2020. Mais cet objectif n’est qu’indicatif et n’a pas été validé par les deux ministères concernés, l’Economie et l’Ecologie. Il reste notamment à boucler les financements. En plus de l’investissement des industriels, les aides pourront en partie provenir de fonds européens copieusement dotés comme Hydrogen Europe (anciennement Fuel Cell Hydrogen Joint Undertaking, FCH JU) et RTE-T ; des fonds publics français pourront peut-être être sollicités. « Le but de l’appel à projets est d’évaluer la faisabilité de l’opération et de commencer à trouver des sources de financements. Pour l’instant, nous imaginons un mix de fonds publics et privés, en provenance de l’Union européenne, du ministère de l’Economie et d’industriels », estime Philippe Boucly, vice-président de l’Afhypac, l’association des professionnels de l’hydrogène .

Eviter l’erreur allemande

Sur le terrain, les pouvoirs publics français souhaitent éviter de reproduire les erreurs de l’Allemagne, qui a laissé s’implanter des stations de recharge – une vingtaine aujourd’hui  – avant que les fabricants soient prêts à commercialiser les véhicules. « Pour notre part, nous privilégierons les flottes captives, dans les collectivités et les entreprises, avec des stations de recharge ouvertes au public ou non », indique la DGEC. Le ministère signale par ailleurs l’excellente démarche, à ses yeux, des constructeurs automobiles en… Californie, qui construisent eux-mêmes leurs réseaux de recharge hydrogène.

A beaucoup plus long terme, en 2030, le consortium Mobilité Hydrogène France, organisé dans le cadre de l’association Afhypac et réunissant constructeurs automobiles et fournisseurs d’hydrogène (Nissan, Hyundaï, Air Liquide…), prévoit 600 stations et 800 000 véhicules hydrogène en France.  Ce qui suppose de relever deux défis : la concurrence avec le moteur thermique et la production massive d’hydrogène réellement décarboné.