Le chant du cygne du pionnier des thin films NanoSolar ? (Premium)

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nanosolar-printed-solar-cellsEx-étoile montante des films solaires en couches minces, la société américaine NanoSolar, qui a été partenaire et fournisseur d’EDF, qui y avait investi 50 M$, serait-elle en  train de couler ? Elle vient d’annoncer des licenciements massifs, en se refusant à en donner l’ampleur, mais ...

plusieurs sources citées par des sites américains évoquent le départ de la majorité, voire de 75% des effectifs.

Nanosolar, qui produit des films solaires CIGS (une fine couche d’un alliage cuivre-indium-gallium-selenium) avec un site en Californie et un autre en Allemagne, employait jusqu’ici 300 personnes. Depuis sa création en 2002, la société a levé plus de 450 millions de dollars, dont 70 millions $ en juin 2012, apportés par ses actionnaires historiques (Benchmark Capital, Mohr Davidow Ventures…), mais pas EDF, qui n’avait pas remis au pot. NanoSolar a aussi bénéficié d’une subvention de 35 M$ du Département de l’Energie en 2009.

Désillusion

Le réveil est amer pour la jeune société : en 2008, NanoSolar annonçait un carnet de commandes de 4 milliards de dollars et était valorisée 2 milliards de dollars par les analystes, séduits par son procédé bon marché d’impression de métaux photovoltaïques sur des feuilles d’aluminium. Elle affirmait avoir atteint un taux de rendement de 17% en laboratoire et avait même reçu des fonds d’amorçage des fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page. Parmi ses généreux investisseurs figuraient les fonds Benchmark Capital, EDF, Firelake Capital Management, GLG Partners, Grazia Equity, Lone Pine Capital, Mitsui, Riverstone Holdings, SAC Capital, Swiss Re et U.S. Venture Partners.

Depuis, les cellules chinoises à bas coût ont bouleversé le marché, et à l’été 2012 la levée de fonds de NanoSolar ne lui attribuait qu’une valorisation pre-money de 50 M$. Elle n’a produit et vendu depuis sa naissance que 50 MW environ.

Pourtant, en 2009-2010, la technologie des CIGS était considérée comme si prometteuse, une alternative bon marché aux cellules en silicium, que l’argent coulait à flot sur le secteur : comme NanoSolar de nombreuses start-up sur ce créneau ont levé des centaines de millions de dollars. Mais les plus ambitieuses, Solyndra, Heliovolt, et Miasole, ont fait faillite depuis (Solyndra en 2011) ou ont été vendues au rabais (MiaSole, cédée au chinois Hanergy), le sort qui pourrait attendre NanoSolar. Le groupe français Total, qui lui aussi avait mis 45 M$ dans un groupe de films solaires, Konarka, a jeté l’éponge et laissé Konarka faire faillite en juin 2012.

La seule société du secteur à être parvenue à une échelle industrielle de grande taille dans les films CIGS est Solar Frontier, filiale du japonais Showa Shell, qui a ouvert une usine de 900 MW fin 2010.