L’éolien en 2009 : la Chine prend la tête, les USA déchantent, l’Europe assure

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chine éoliennesCombien d’éoliennes supplémentaires dans le monde cette année ? Environ 30 GW, selon les prévisions de la World Wind Energy Association (WWEA) sorties en juin. Un peu plus que les 27 GW ajoutés en 2008. Un ajout de taille mais qui marque un ralentisssement après plusieurs années de croissance à deux chiffres. Cela  porterait la capacité mondiale à 152 GW — l’équivalent de 152 centrales classiques.

Mais cette prévision pêchait par optimisme car l’Association américaine de l’éolien (AWEA) vient d’annoncer la mauvaise nouvelle : les Etats-Unis feront, selon elle, moitié moins que prévu initialement cette année, soit 5 GW installés au lieu des 10 GW espérés, pour cause de manque de financements.

Les Européens prévoient eux 8,6 GW supplémentaires, selon l’association européenne EWEA, un chouïa mieux que les 8,5 GW de 2008 – mais une performance en ces temps de manque de crédits. La Chine pourrait elle ajouter 8 GW.  

Contrairement à leurs espoirs, les Américains, qui espéraient garder cette année la première place en termes de nouvelles installations, une première place conquise en 2008, vont donc, à l’inverse, se retrouver à la traîne de l’Europe et surtout de la Chine. Car ils ont été bien plus ralentis que les autres pays par l’assèchement des crédits et le manque de lignes électriques, eux qui affichaient justement les projets les plus démesurés.

Le cas le plus spectaculaire a été celui du magnat du pétrole T.Boone Pickens, qui a réduit ses ambitions et repoussé à 2013 son projet de plus grand parc éolien du monde (d’un coût de 10 milliards de dollars), en attendant d’une part de trouver des crédits, d’autre part que le Texas construise de nouvelles lignes à haute tension, ce pour quoi l’Etat a débloqué 4,9 millliards.

Récapitulons : l’an dernier, l’Europe a installé 8,5 GW d’éolien, les Etats-Unis aussi (8,54 GW) et la Chine 6,3 GW, selon le Global Wind Energy Council.

En puissance installée, fin 2008 les USA atteignaient 25,3 GW, l’Europe 64,9 MW (dont l’Allemagne 23,9 GW) et la Chine 12,2 GW.

Au premier semestre 2009, la Chine a accéléré et est passée en tête de la course aux installations en ajoutant 4,5 GW d’éolien, selon le cabinet Azure International, contre 4 GW pour les Etats-Unis et pour l’Europe.

Pour 2009, l’Agence Chine Nouvelle cite des experts qui parient sur 8 GW installés en Chine cette année. A comparer aux 5 GW attendus aux Etats-Unis et 8,6 GW prévus par les Européens. D’autant qu’il y a deux semaines, Pékin a adopté un tarif de rachat subventionné (feed-in tariff) pour l’éolien racordé au réseau. De quoi doper les parcs qui s’installent en Mongolie, même si, comme aux Etats-Unis, la Chine manque des lignes à haute tension nécéssaires.

Fin 2009, la Chine aurait donc 20 GW, les Etats-Unis 30,3 GW et l’Europe 73,3 GW. Et pour 2010, la Chine a lancé des projets titanesques : un parc éolien prévu pour atteindre 10 GW dans la province de Gansu, au nord-ouest du pays !  

En Europe, l’avenir est plus incertain: « même si les perspectives 2009 sont encourageantes, le véritable test pour le secteur de sa capacité à résister à la crise financière aura lieu en 2010 », a averti le directeur de l’EWEA, Christian Kjaer, qui espère que les plans de relance gouvernementaux viendront aider les énergies renouvelables.

Un groupe comme le danois Vestas reste optimiste et affiche un bon carnet de commandes. Mais, et le geste est révélateur, Vestas vient de fermer son usine britannique pour déplacer la production aux USA. Les Etats-Unis essaient de booster leur industrie de fabrication d’éoliennes :  les nouvelles installations éoliennes aux USA ont représenté 17 milliards de dollars d’investissement en 2008 et le secteur comptabilisait 85.000 emplois fin 2008, largement dans la fabrication d’éoliennes.

Mais la Chine, qui impose un « acheter chinois » aux installateur de parcs (seuls les parcs comprenant 80%  d’éoliennes sourcées localement peuvent toucher les subventions), est en train d’accélérer à toute vitesse, et ses quelque 70 groupes de fabrication d’éoliennes deviennent des géants mondiaux, comme Goldwind.