Zoom sur le juteux marché du conseil en réduction de CO2

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empreinte-carbone1Si après l’Europe, les Etats-Unis à leur tour mettent place un marché du carbone, comment ne pas prévoir un boom du marché naissant du conseil en calcul et réduction des émissions de CO2 pour les entreprises ? Une récente étude du cabinet Groom Energy prévoit qu’aux Etats-Unis, ce marché encore marginal de seulement 10 millions de dollars par an actuellement va doubler chaque année pendant les années qui viennent.

Il s’agit ici des logiciels qui permettent de calculer les émissions de CO2 d’une entreprise ou d’un site en temps réel, un secteur qui est encore largement ouvert pour de nouveaux vendeurs et pour de nouvelles solutions.

Ces logiciels sont encore marginaux : sur 3.000 grandes entreprises recensées qui disent calculer leurs émissions de gaz à effet de serre, seulement 300 utilisent ces logiciels sophistiqués. Les autres se contentent de tableaux Excel pour calculer leurs émissions site par site, notamment en Europe où le marché du carbone se base sur des quotas par usine ou par centrale. Mais le nombre d’utilisateurs de logiciels spécialisés devrait quadrupler dans les deux ans, selon l’étude.

Parmi les 51 fournisseurs de logiciels passés en revue (dojt un douzaine de nouveau rien qu’au premier semestre), sept leaders se dégagent sur le marché américain, en nombre de clients et en technologies : Johnson Controls (grâce à son rachat l’an dernier de la société spécialisée Global WorkPlace, qui a des clients comme Dell, Xerox et Pfizer), l’allemand PE International (qui conseille en carbone de grands groupes comme Kraft et Carnival), et Clear Standards, née il ya 2 ans et que vient de racheter le géant allemand du progiciel SAP. Les autres leaders viennent du secteur des logiciels de conseil en qualité de l’air et santé, qui ont tout simplement ajouté le carbone à leur panoplie : les groupes Enviance, ESS, IHS et ProcessMAP

Le marché est aussi pris d’assaut par des start-up ambitieuses comme CarbonFlow, Planet Metrics et CSRWare. Mais des géants comme IBM ou Microsoft se sont aussi mis sur les rangs.

Des logiciels pointus devraient être de plus en plus utilisés, car au-delà du calcul des émissions par site polluant qu’imposera un marché du carbone aux Etats-Unis, comme en Europe – un calcul qui peut probablement toujours se faire par un tableau Excel–, l’opinion publique risque de faire pression pour un calcul bien pus sophistiqué de l’empreinte carbone d’une entreprise sur l’ensemble de son activité..

Le projet de loi sur le marché du carbone aux Etats-Unis devrait imposer des limites d’émissions uniquement aux sites les plus polluants (ceux qui émettent plus de 25.000 tonnes par an), soit les plus grosses centrales ou usines).

Maisce ne sera pas le moteur du marché: l’étude de Groom Energy estime que plus de la moitié des entreprises qui achèteront les logiciels de pilotage du carbone n’auront même pas de ces sites très polluants. Elles voudront tout simplement répondre aux pressions des investisseurs, notamment les fonds de plus en plus nombreux qui adoptent des critères verts » et veulent des rapports sur les émissions fiables et précis, ou encore à la demande de leurs clients et de leurs salariés.

Le fonds d’investissement socialement responsable Truscot et le centre Investor Responsibility Research Center Institute, ont averti cette semaine que les deux-tiers des entreprises du SP 500 (les 500 plus grosses entreprises cotées) publiaient des rapports sur leurs émissions de gaz à effet de serre « inadéquats ».

D’autres vont probablement aussi se positionner sur ce créneau : par exemple les sociétés de mesure de l’efficacité énergétique, bien placées pour gérer les émissions d’une entreprise puisqu’elles sont étroitement liées à sa consommation en énergie. C’est le cas de la start-up Hara, financée par Kleiner Perkins et qui compte déjà Coca-Cola parmi ses clients.