Rush des firmes asiatiques du high-tech vers le solaire

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solaire-usineComme l’ont déjà compris les groupes d’électronique japonais Sanyo, Sharp ou encore Kyocera (le fournisseur des panneaux du toit de la Prius), qui tous trois depuis plusieurs années misent gros sur la fabrication des cellules solaires et en deviennent les leaders mondiaux, deux autres géants asiatiques ont décidé d’étendre leur activité vers le solaire, d’autant plus que leurs ventes de produits informatiques sont laminées par la crise.

C’est d’abord un poids-lourd qui se lance dans la bataille :  Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC), l’un des géants mondiaux de la fabrication de puces électronique à bas coûts, a pris une  décision spectaculaire : il a débarqué Rick Tsai, son PDG, pour le mettre à la tête d’une division chargée du développement de nouveaux marchés. M. Tsai a indiqué dans une interview au New York Times que son groupe, bulldozer de la fabrication de masse, pourrait commencer à fabriquer des cellules solaires et des lampes LED, comme relais de croissance, et que la décision sera prise à d’ici la fin de l’année.

Il espère réaliser 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans ces nouveaux secteurs d’ici 2018 – à comparer à ses 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires actuellement.

TSMC est spécialiste de la fabrication à grande échelle de puces électroniques pour le compte d’autres groupes qui se chargent de la conception, comme les américains Nvidia et Qualcomm. C’est donc Taiwan Semiconductor qui se charge de construire des usines dernier cri à 3 milliards de dollars, qu’il fait tourner à plein régime en multipliant les licences, tandis que ses commanditaires se chargent de la R&D.

Mais ses recettes ont chuté avec la crise qui a fait baisser la demande : son bénéfice net a fondu de 94,5% au 1er trimestre et son chiffre d’affaires de 54,8%, la pire récession de l’histoire du groupe.

Le groupe a près de 7 milliards de dollars de trésorerie et pourrait s’équiper de vastes usines de cellules solaires et de lampes LED capables de faire baisser les prix de ces produits, dont l’achat est subventionné dans de nombreux pays. TSMC se fait fort de rendre ces secteurs rentables, et de vite faire baisser les prix, pour qu’ils puissent exister sans subventions gouvernementales.

Et dans une démarche similaire, mais centrée cette fois sur un autre type de panneaux solaires, le fabricant d’écrans plats sud-coréen LG Display, numéro deux mondial du secteur, a annoncé mardi vouloir investir 50 milliards de wons (40 millions de dollars) pour installer un site de production pilote de cellules solaires à couche mince, qui devrait démarrer en 2012.

LG Display, qui fabrique des écrans à cristaux liquides, a indiqué qu’il visait le marché des centrales solaires au sol et des toits solaires, et à terme les panneaux à poser sur les voitures ou appareils nomades.

Selon l’institut de recherche Nano Markets, le marché des cellules solaires à couche mince – une technologie moins chère que les cellules solaires rigides au silicium cristallin – devrait progresser pour atteindre 4,6 milliards de dollars en 2011, puis 14 milliards en 2015.