Méga-investissements dans le solaire en Allemagne et aux Etats-Unis

Print Friendly, PDF & Email

Les prévisions de suproduction de silicium et de cellules solaires, et d’une chute des prix consécutives n’empêchent visiblement pas les leaders mondiaux, aux Etats-Unis comme en Allemagne, de vouloir faire toujours plus, et les nouveaux concurrents chinois de se multiplier.

En témoignent les annonces coup sur coup d’énormes investissements pour gonfler la production, tant de silicium (chez le leader mondial Hemlock) que de cellules (chez l’allemand Bosch et chez le leader mondial Q-Cells). Les prix chutent ? Tant pis, ils se rattraperont sur les volumes.

Dow Corning, filiale à 50/50 du groupe chimique américain Dow Chemical et du fabricant d’écrans Corning, croit  à une forte hausse de la demande de cellules solaires dès 2009. Aussi Hemlock Semiconductor, la joint-venture de Dow Corning et de deux groupes japonais (Shin-Etsu Handotai et Mitsubishi Materials), déjà leader mondial du silicium polycristallin (ou polysilicium), le matériau de base des cellules solaires classiques et des puces électroniques, va investir plus de 3 milliards de dollars pour augmenter sa production.

D’une part Hemlock va investir entre 1,2 et 2,5 milliards de dollars pour accroître la production de son site (situé dans la ville d’Hemlock) et en outre investir 1 milliard de dollars pour construire une nouvelle usine à Clarksville, d’une capacité de 10.000 tonnes par an. La capacité de production d’Hemlock sera ainsi portée à 34.000 tonnes de polysilicium par an.

Il va de plus investir aussi un milliard de dollars pour créer un site de production d’un gaz destiné aux cellules photovoltaïques et aux écrans à cristaux liquides. Ce site de production de monosilane, gaz composé de silicium et d’hydrogène, sera construit à côté de l’usine de de polysilicium d’Hemlock.

Même soif de croissance chez les fabricants allemands, qui restent dans la course : le groupe allemand Bosch, via sa filiale ersol Solar Energy, compte tripler sa capacité de production de cellules et panneaux solaires cristallins sur son site d’Arnstadt, avec un investissement de 530 millions d’euros d’ici 2012 – dont 10% devraient provenir de subventions publiques-  et créé 1.100 emplois.

Cet été, la société Bosch a racheté la majorité d’ersol, un spécialiste du photovoltaïque basé à Erfurt, qui fabrique des cellules solaires au silicium ainsi que des cellules à couche mince, et emploie 1.200 personnes.

La capacité de production de cellules au silicium d’ersol atteindra ainsi 630 MW. Au cours des 9 premiers mois de 2008, ersol a enregistré des ventes de 214 millions d’euros, doublées sur un an. Il prévoit en 2008 300 millions d’euros puis 400 millions en 2009.

Bosch fabrique aussi des boîtes de vitesse pour éoliennes (filiale Bosch Rexroth) ainsi que des appareils pour capter l’énergie des vagues, des systèmes hydrauliques pour le solaire thermique. Sa filiale Bosch Thermotechnology fabrique des pompes à chaleur électriques ainsi que des chauffe-eau solaires. En incluant Ersol, Bosch attend un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2008 dans les énergies renouvelables.

Son concurrent l’allemand Q-cells, premier producteur mondial de cellules solaires, continue lui aussi son expansion. Il a certes, la semaine dernière, réduit de 15% ses prévisions de croissance devant les reports d’achats de ses clients – ce qui a fait plonger les cours du secteur — et même décidé de suspendre sa production à Noël, mais aussi annoncé des investissements (montant non précisé) pour accroître sa production à la fois de cellules en polysilicium et de cellules à couche mince.

Il va construire un nouveau site à Thalheim, dans la « solar valley » de l’Allemagne où sont installés beaucoup de groupes solaires, pour produire des cellules à couche mince avec une capacité de 90 MW. Il prévoit malgré la crise financière une hausse de 10% à 20% de ses ventes en 2009.

En Chine, où les fabricants poussent comme des champignons, les annonces se succèdent et les nouveaux entrants se bousculent. A l’image du fabricant de batteries et de voitures électriques BYYD, qui, tout en sortant cette semaine sa première voiture électrique hybride à l’assaut des marchés chinois, puis mondiaux, a aussi annoncé l’ouverture d’une usine de cellules solaires de 100 MW.

La production totale mondiale de cellules solaires, selon le cabinet iSuppli, va gonfler de 5,7 GW en 2008 à près de 20 GW en 2010, dépassant pour la première fois la demande, puis s’envoler à plus de 30 GW en 2012, dépassant durablement la demande.

Article précédentLa compensation carbone, un cadeau de Noël tendance ?
Article suivantVoiture électrique de masse : la Chine coiffe Occidentaux et Japonais au poteau