Priorité aux investissements dans l’efficacité énergétique en 2009

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Crise oblige, les investissements mondiaux dans les cleantech vont un peu ralentir au 4e trimestre et privilégier les secteurs un peu moins gourmands en capital, comme celui de l’efficacité énergétique. Le secteur des greentech devrait voir un mouvement de concentration, mais il reste fondamentalement porteur pour les années qui viennent, concluent une étude et un sondage parus cette semaine.

Selon le cabinet d’étude New Energy Finance, les investissements dans les technologies de lutte contre les émissions de C02 vont décliner de 4% en 2008 par rapport à 2007, à 142 milliards de dollars contre 148 milliards en 2007.

La crise financière a en effet réduit les dépenses publiques dans les énergies renouvelables, et dans une moindre mesure les investissements dans les fermes éoliennes, les centrales solaires et les usines de biocarburants.

En revanche les capitaux risqueurs et les fonds d’investissements ont accru leurs mises de fonds dans les cleantech, dont la croissance fondamentale reste robuste dans de nombreux pays, et qui recevront un nouvel élan avec la politique verte promise par Barack Obama. Les valses du cours du pétrole ne feront pas disparaître les craintes liées au réchauffement climatique et au pic du pétrole.

New Energy Finance continue donc à prévoir de nouveaux investissements dans les cleantech de plus de 500 milliards de dollars par an pour 2020.

Mais à court terme selon le cabinet, le  4e trimestre 2008 verra des injections de fonds en baisse à cause de la crise financière. Les fusions-acquisitions se multiplieront, les petits groupes devant s’adosser à des plus gros pour survivre, vue la raréfaction du capital disponible.

Par ailleurs, un sondage indique que les capitaux risqueurs américains qui misent sur les greentech vont privilégier en 2009 les projets les moins coûteux : davantage d’argent sera injecté dans le secteur de l’efficacité énergétique, comme les compteurs intelligents, et moins dans les biocarburants et le solaire, selon un sondage du cabinet juridique Cooley Godward Kronish auprès de 72 capitaux risqueurs.

Selon ce sondage, 70% d’entre eux privilégiera en 2009 des sociétés des cleantech qui utilisent moins de capital. Seulement 38% croient que les start-up qui veulent commercialiser leurs produits ou passer à l’étape industrielle  pourront se financer auprès des marchés de capitaux – ils devront encore plus s’appuyer sur les capitaux risqueurs. Et 60% prédisent que s’accélérera un mouvement de sortie des sociétés du secteur, qui verra des  consolidations en 2009.

Au plan américain, moins de 25% pensent qu’une part significative du plan de 150 milliards de dollars pour développer les cleantech  — le plan sur 10 ans promis par Barack Obama — sera dépensée dès 2009, mais les dépenses fédérales doperont la R&D, selon eux.

Et 75% pensent que les leaders de la Silicon Valley seront davantage entendus à Washington pour soutenir les cleantech – probablement suite aux rumeurs selon lesquelles le prochain Secrétaire à l’Energie d’Obama pourrait venir de Californie, avec parmi les favoris Steve Westly, patron du fonds The Westly Group, qui soutient notamment le constructeur de voitures électriques Tesla Motors.