Le Johnnie Walker chauffé par ses propres résidus

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Le groupe britannique Diageo, leader mondial des boissons alcoolisées connu notamment pour ses whiskies Johnnie Walker et J&B, a obtenu le feu vert des autorités locales pour installer à côté de sa distillerie de Cameron Bridge – la plus grande d’Ecosse – une centrale à biomasse qui brûlera les résidus de la distillation pour en faire de l’électricité, qui à son tour fera tourner la distillerie.

Ces résidus — un mélange de blé, de houblon, de levure et d’eau, au total 90.000 tonnes par an — seront placés dans des containers où des bactéries les transformeront en biogaz, qui sera brûlé pour produire de l’électricité, avec une production de 5,5 MW.

De quoi fournir 80% de l’électricité et 98% de la vapeur nécessaires à la distillerie. Cela nettoiera aussi les effluents jusqu’ici rejetés dans la rivière Forth.

En tout, cette centrale évitera des émissions de CO2 équivalentes à la circulation de 44.000 voitures, selon Diageo.

Ce projet, annoncé en août dernier, aura un coût de 65 millions de livres, ce qui en fait le plus important projet d’énergie renouvelable jamais lancé en Grande-Bretagne par une entreprise hors secteur de l’énergie, selon le journal écossais The Courier. Il vient d’être approuvé par le conseil de la région de Fife, a révélé le site britannique New Energy Focus.

La centrale à biomasse sera construire par la société Dalkia, filiale du français Véolia,  qui en transfèrera la propriété à Diageo mais continuera de l’opérer. Diageo produit environ 100 millions de litres d’alcool par an sur son site de Cameron Bridge.

Les usines qui s’auto-alimentent en énergie se multiplient, comme cette usine de traitement de riz alimentée au solaire aux Etats-Unis, ou encore une récente usine de papier en Chine qui se chauffe en brûlant la « liqueur noire », l’un de ses déchets chimiques.