Energies renouvelables et isolation, les deux marchés « verts » les plus porteurs pour les PME françaises

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Les PME devraient largement bénéficier de l’essor des marchés des éco-activités, surtout dans les énergies renouvelables et l’isolation de l’habitat, selon un rapport publié sur le site Eco-Entreprises lancé par l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI). L’ensemble de ces activités – qui vont du traitement des déchets aux énergies renouvelables en passant par l’ingénierie liée à l’environnement et l’amélioration de l’efficacité énergétique – pèse déjà entre 50 et 55 milliards d’euros en France. Les PME (moins de 250 salariés) s’en octroient de 55 à 60%, la plus grosse part (40%) étant réalisée par les entreprises de 10 à 249 salariés.

Les évolutions récentes montrent que ce sont les sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables qui ont le plus progressé sous l’effet des politiques publiques (prix de rachat garanti de l’électricité, appel d’offres sur les biocarburants) avec un bond de 278 % de leur production entre 2004 et 2006. Deuxième secteur en pointe, la récupération des matériaux recyclables, qui a bénéficié de l’envolée du prix des métaux (ferreux et non ferreux), avec une progression de 48,2% de la production.

Selon les perspectives établies à moyen terme (voir tableau ci-dessus), le secteur des énergies renouvelables va rester porteur, avec une prévision de taux moyen de croissance annuelle de 20% sur les cinq prochaines années. Un autre secteur devrait sortir du lot, celui de l’isolation avec un taux de 15%. Sur ces deux marchés, les mesures adoptées dans la cadre du Grenelle de l’environnement constituent des leviers importants. Par exemple, pour l’isolation des habitats, l’objectif de réduire de 12% les consommations énergétiques du parc de logements anciens à l’horizon 2012 et de 38% à l’horizon 2020 vont accélérer les mises en chantier pour l’isolation thermique des ouvertures (voir graphique ci-dessous). Le secteur de la récupération devrait également continuer à croître, mais compte-tenu de l’importance de l’effet prix sur cette activité, une estimation de son évolution à 5 ans est difficile, selon les auteurs du rapport.

Globalement, le rapport montre que trois catégories d’entreprises se partagent les marchés des éco-activités, avec des parts très distinctes. D’abord, les très grands groupes qui réalisent aujourd’hui près du tiers de l’activité, avec des poids lourds mondiaux dans les services aux collectivités (Veolia, Suez) ou dans la production de matériaux de construction (Saint-Gobain). Ensuite, les entreprises de taille moyenne ou grande, relativement peu nombreuses, qui contribuent pour 15 à 20% du chiffre d’affaires des éco-entreprises avec, dans des secteurs variés, des sociétés comme Séché ou Nicollin (services de gestion de l’eau et des déchets), EDF Energies Nouvelles ou encore Derichebourg (récupération). Le rapport estime que ces entreprises ont vocation à élargir leur offre, passant notamment de la fabrication des équipements aux services de gestion. Enfin, les petites et très petites entreprises sont des milliers sur ces marchés, dans de multiples secteurs comme la construction d’équipements, le conseil, le BTP… Elles représentent de l’ordre de 20 à 40% de l’activité : un peu moins de 10 milliards d’euros pour les entreprises de moins de dix salariés, et un peu plus pour celles de 10 à 49 salariés.

Sur l’ensemble des facteurs favorisant ces marchés, l’évolution des politiques publiques et de la réglementation constituent le plus important. Les incitations fiscales jouent un rôle majeur : à titre d’exemple, dans le domaine des économies d’énergie et des énergies renouvelables, les crédits d’impôt pour les dépenses d’équipement de l’habitation principale en faveur des économies d’énergie a fortement augmenté ces dernières années : de 400 millions d’euros en 2005 à environ 1 milliard d’euros en 2007.

Accéder à l’intégralité du rapport ici.

(Photo : DR)