Amarenco s’allie au Crédit agricole, mise sur la croissance externe

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© Amarenco

Préparer des acquisitions souhaitées nombreuses, muter plus vite vers le modèle de producteur indépendant intégré, grandir en France, au Moyen-Orient et en Asie : c’est le sens qu’il faut donner au début d’augmentation de capital d’Amarenco et à l’accueil du Crédit Agricole. Idia Capital Investissement, filiale de la banque, prend une participation minoritaire de 15 M€ via son fonds CA Transition, accompagnée par trois structures spécialisées du Crédit agricole : Sofilaro, Grand Sud-Ouest Capital et Nord-Midi Pyrénées Développement.

Cet apport n’est que le hors-d’oeuvre d’une levée totale de 50 M€ en préparation, avec de nouveau le Crédit Agricole et un ou plusieurs autres actionnaires au profil financier, annonce Alain Desvigne, président du groupe Amarenco. Avec les trois autres co-fondateurs – John Mullins, Olivier Carré et Nick Howard -, il devrait conserver à terme autour de ...

40% du capital, le Crédit Agricole et le troisième « bloc » d’actionnaires se partageant le solde à parts égales. Les conseils financiers impliqués sont ici Eight Advisory, Finergreen et Green Cape Finance.

Rachat d’un promoteur méridional

Comme en témoignait déjà l’acquisition du développeur Groupe Carré en 2017, l’investisseur irlandais s’est émancipé complètement du modèle pur brownfield ou à construire et est en plus entré dans une phase de croissance externe volontariste, dédiée au photovoltaïque et au stockage. En France où il dispose de 250 MW de capacités installées, Amarenco va annoncer dans les prochains jours le rachat d’un promoteur méridional et souhaite « fédérer des développeurs de 5 à 15 personnes avec un pipe de 100 MW, des acteurs qui en ont assez d’être seuls », comme le formule Alain Desvigne. Au Moyen-Orient et plus précisément à Oman, Amarenco a déjà depuis 2018 un accord avec NEC (National Energy Center), un acteur semi-public doté d’un pipe solaire d’environ 1 GW à faire avancer. Il y a six mois, Amarenco a poussé plus loin vers l’Est en ouvrant un bureau à Singapour et en achetant un premier portefeuille en Thaïlande, de 50 MW. D’autres opérations se préparent dans le pays mais aussi au Japon et ailleurs, nécessitant des moyens financiers. Lesquels seront puisés dans l’equity line (réserve en capital) en cours de constitution.

1,5 Md€ d’investissement en trois ans

Cela dit, cette levée de fonds en cours possède d’autres finalités, en particulier d’alimenter financièrement les deux plateformes de développement de projets qu’Amarenco détient déjà avec Total Solar et avec InfraCapital, « en augmentant la base d’actifs détenus », précise Alain Desvigne. Pour rappel, la co-entreprise Amarenco/Total a décroché 182 MW au fil des sessions de l’appel d’offres solaire sur bâtiments en France et domine largement le classement cumulé établi par Finergreen. La filiale de la compagnie pétrolière et le groupe irlandais y financent à 50/50 le développement de grandes toitures solaires – par exemple sur des entrepôts d’industriels tricolores auxquels Total fournit du carburant – puis Amarenco est rémunéré pour les construire et les exploiter.

Le groupe de Cork dispose d’une capacité installée de 250 MW, exclusivement en France pour le moment. Il vise dix fois plus à moyen terme, répartis à égalité entre le Moyen-Orient, l’Asie-Pacifique et l’Europe – en Irlande, Amarenco a repris les parts de Macquarie dans une ex co-entreprise créée pour explorer le marché photovoltaïque, aujourd’hui plus mature et qui incite Amarenco à construire seul le pipe de 250 MW constitué.

Plus globalement, l’augmentation de capital de 50 M€ doit générer 1,5 Md€ d’investissement en trois ans, ce qui donne une idée de l’actuel effet de levier dans le secteur solaire. Amarenco attend un chiffre d’affaires de 100 M€ en 2021 et compte recruter une vingtaine de collaborateurs, pour un effectif de 130 personnes aujourd’hui.

A l’occasion de cette opération, Idia Capital Investissement signale « structurer ‘les premières obligations convertibles responsables, (…) un instrument de quasi-fonds propres indexé sur l’atteinte de trois objectifs environnementaux, sanitaires et sociaux : augmenter le nombre de projets « agrisolaires » en lien avec une agriculture durable, accélérer le désamiantage des toitures agricoles, et favoriser l’implication des citoyens via le recours au financement participatif. »