PPE : l’éolien terrestre raboté, l’offshore revigoré

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© WPD

La filière éolienne est l’une des principales concernées par l’évolution de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) mise en consultation aujourd’hui. Conformément à ce qu’avait annoncé GreenUnivers la semaine dernière, les objectifs de l’éolien terrestre ont été rabotés alors que ceux de l’éolien en mer ont été revus nettement à la hausse. Un arbitrage qui s’explique par le prix très compétitif du dernier appel d’offres offshore, combiné à une problématique d’acceptabilité à terre.

Recul de l’éolien terrestre

Les objectifs concernant l’éolien terrestre ont été légèrement revus à la baisse. Les objectifs fixés au secteur passent à ...

24,1 GW en 2023 (contre 24,6 GW dans la version précédente), et entre 33,2 – 34,7 GW en 2028 contre 34,1 – 35,6 GW auparavant. Cela se traduit logiquement par une baisse des volumes mis en appels d’offres : 1 850 MW seront attribués en moyenne par an contre 2 000 MW initialement prévus. Un rythme d’installation qui reste supérieur aux raccordements constatés ces dernières années. Pour cette année 2020, la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) organisera ainsi aux 2ème et 4ème trimestres deux sessions de respectivement 750 MW et 925 MW.

(c) PPE

Cette réduction de l’ambition en matière d’éolien terrestre n’est pas vraiment une surprise. Le président de la République avait en quelque sorte préparé le terrain la semaine dernière en estimant publiquement que « le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays » et qu’on « ne peut pas imposer l’éolien d’en haut ». L’éolien terrestre fait l’objet d’une opposition grandissante dans l’Hexagone, notamment dans les régions du nord. Une problématique qui s’observe également outre-Rhin. Le groupe de travail éolien terrestre a été relancé en fin d’année dernière pour trouver des réponses concrètes. Certaines pistes ont d’ores et déjà été inscrites dans la nouvelle mouture de la PPE à l’instar de l’excavation totale des fondations, l’élaboration d’un protocole pour mesurer le niveau des nuisances sonores, et l’expérimentation des solutions pour réduire les nuisances lumineuses.

Oléron repêché

En matière d’éolien en mer, les nouvelles sont plutôt bonnes pour le posé comme pour le flottant. Les objectifs ont été revus à la hausse : entre 5,2 et 6,2 GW en 2028 contre 4,7 – 5,2 GW inscrits dans la première version. Le rythme de 1 GW par an, jugé minimum par la filière, est globalement respecté, conformément à l’engagement du gouvernement suite au succès de l’appel d’offres de Dunkerque.

Dans le posé, les deux années blanches (2021-2022) de la première PPE ont été comblées par le retour du projet d’Oléron, d’une capacité comprise entre 500 et 1 000 MW. A noter néanmoins l’usage du conditionnel de la part de la DGEC. La proposition tarifaire d’EDF sur Dunkerque a visiblement poussé l’administration à revoir à la baisse la trajectoire de prix cibles des prochaines compétitions (60 €/MWh jusqu’en 2022 puis 50 €/MWh).

(c) PPE

Dans le flottant, les acteurs du secteur pourront se féliciter de voir apparaître un projet de 250 MW supplémentaires dans la nouvelle version de la PPE. Un parc de 250 MW en Bretagne sera attribué en 2022 et deux autres de même capacité en Méditerranée en 2022.

La concurrence entre posé et flottant interviendra un an plus tôt, soit dès 2024. A partir de cette date, l’administration entend attribuer 1 000 MW par an, posé ou flottant en fonction des prix et gisements disponibles. C’est 500 MW/an de plus que ce que prévoyait le projet de PPE rendu public l’année dernière.